Être aidant d’un aidant, c’est soutenir une personne de son entourage qui accompagne déjà un proche âgé, malade, en situation de handicap ou en perte d’autonomie. Ce rôle est parfois discret : on ne s’occupe pas directement de la personne aidée au quotidien, mais on aide celui ou celle qui porte une grande partie de l’organisation, des démarches, de la présence et de la charge mentale.
Son rôle ne consiste pas forcément à remplacer l’aidant principal. Il peut prendre plusieurs formes : écouter, aider à organiser les démarches, accompagner à un rendez-vous, prendre le relais quelques heures, rechercher une aide à domicile, faire le lien avec les autres membres de la famille ou simplement rappeler à l’aidant qu’il a le droit de souffler.
Pourquoi soutenir un proche aidant est important ?
L’aidance repose souvent sur une accumulation de tâches. Au départ, l’aide peut sembler limitée : faire les courses, prendre un rendez-vous, passer plus souvent, vérifier les médicaments. Puis les besoins augmentent. L’aidant se retrouve à gérer les soins, les démarches administratives, les finances, les intervenants à domicile, les transports, les urgences et les décisions familiales.
Cette progression peut être difficile à repérer, car elle se fait parfois sans rupture nette. L’aidant principal s’adapte, prend sur lui, reporte ses propres besoins et finit par considérer que tout repose sur sa présence. C’est dans cette période que l’entourage peut jouer un rôle protecteur.
Soutenir un proche aidant permet d’abord de rompre l’isolement. Beaucoup d’aidants ont le sentiment de devoir « tenir » pour deux, sans toujours oser dire qu’ils n’y arrivent plus. En proposant une aide concrète, même limitée, l’entourage montre que la situation peut être partagée. Cela permet aussi de prévenir l’épuisement.
Comment repérer qu’un aidant a besoin d’être aidé ?
Un aidant ne demande pas toujours explicitement de l’aide. Certains minimisent leur fatigue, par pudeur, par culpabilité ou parce qu’ils estiment que personne d’autre ne peut comprendre la situation. Il est donc utile d’être attentif à certains signes.
Un aidant peut avoir besoin d’être soutenu lorsqu’il semble constamment fatigué, irritable ou préoccupé. Il peut annuler des sorties, ne plus parler que des démarches ou de l’état de santé de la personne aidée, oublier ses propres rendez-vous médicaux, réduire son temps de sommeil ou s’éloigner progressivement de ses amis.
D’autres signes sont plus discrets. L’aidant peut dire qu’il « n’a pas le choix », qu’il « ne peut pas laisser tomber », qu’il « verra plus tard » pour lui-même. Ces phrases montrent souvent une charge mentale importante. Elles ne signifient pas forcément qu’il refuse toute aide, mais qu’il ne sait plus comment l’intégrer dans son quotidien.
Il faut aussi être attentif aux moments de transition : sortie d’hospitalisation, diagnostic récent, aggravation de la perte d’autonomie, entrée en Ehpad envisagée, demande d’APA, mise en place d’un service d’aide à domicile, conflit familial, arrêt de travail, fatigue du conjoint aidant. Ces périodes augmentent souvent la pression sur l’aidant principal.
Dans ces situations, il est préférable d’éviter les remarques générales comme « tu devrais te reposer » ou « tu dois prendre du recul ». Elles peuvent être vécues comme un jugement. Une approche plus utile consiste à proposer une aide précise : « Je peux appeler le CCAS cette semaine », « Je peux venir samedi matin pour que tu dormes », « Je peux t’accompagner au rendez-vous médical », « Je peux regarder les documents pour la demande d’APA ».
Comment aider un aidant à accepter d’être aidé ?
Beaucoup d’aidants refusent l’aide qu’on leur propose. Ils peuvent avoir l’impression que personne ne fera aussi bien qu’eux, craindre de déranger, culpabiliser à l’idée de prendre du temps pour eux ou penser qu’accepter du soutien revient à abandonner leur proche. Ce refus ne signifie pas toujours qu’ils n’en ont pas besoin : il traduit souvent une difficulté à lâcher prise dans une situation où ils se sentent responsables de tout.
Pour l’aider à accepter, il est préférable d’éviter les phrases trop directes comme « tu dois te faire aider » ou « tu ne peux pas continuer comme ça ». Elles peuvent être vécues comme une critique. Mieux vaut partir de ce que vous observez : « Je vois que tu es très fatigué en ce moment », « J’ai l’impression que tu portes beaucoup de choses seul », « Je m’inquiète pour toi aussi ». Cette approche permet d’ouvrir le dialogue sans remettre en cause son engagement auprès de la personne aidée.
Il est aussi plus efficace de proposer une aide précise, limitée et facile à accepter. Dire « je peux t’aider » reste souvent trop vague. En revanche, proposer de faire les courses le jeudi, d’appeler la mutuelle, de chercher une plateforme de répit, de venir deux heures pendant un rendez-vous personnel ou de remplir un dossier administratif rend l’aide plus concrète. L’aidant n’a pas à réfléchir à ce qu’il pourrait déléguer : une solution simple lui est déjà présentée. L’acceptation peut prendre du temps. Il peut être utile de commencer par une petite tâche, puis d’élargir progressivement si l’aidant se sent en confiance. L’objectif n’est pas de lui enlever sa place, mais de lui montrer qu’il peut rester présent auprès de son proche sans tout porter seul. Accepter de l’aide, ce n’est pas renoncer à son rôle d’aidant : c’est se donner les moyens de continuer à accompagner dans de meilleures conditions.
Comment aider concrètement un aidant au quotidien ?
Aider un aidant commence souvent par des gestes simples. L’enjeu n’est pas de tout résoudre à sa place, mais de réduire une partie de la charge qui pèse sur lui.
La première aide consiste à écouter sans corriger immédiatement. L’aidant peut avoir besoin de raconter une journée difficile, une inquiétude, une colère ou une décision compliquée. Il n’attend pas toujours une solution immédiate. Il peut simplement avoir besoin d’un espace où il n’a pas à justifier sa fatigue.
La deuxième aide consiste à proposer des actions précises. Plutôt que de dire « dis-moi si tu as besoin », mieux vaut formuler une proposition concrète. Par exemple : « Je peux faire les courses de maman le mardi », « Je peux gérer les appels avec la mutuelle », « Je peux venir une fois par mois pour prendre le relais », « Je peux chercher les coordonnées d’une plateforme de répit ».
La troisième aide repose sur la répartition des démarches. Les aidants passent beaucoup de temps à comprendre les aides financières, remplir des dossiers, contacter les services sociaux, coordonner les professionnels et suivre les réponses administratives. Une personne de l’entourage peut prendre en charge une partie de ces tâches : rassembler les justificatifs, créer un tableau de suivi, noter les contacts utiles, relancer un organisme ou accompagner l’aidant lors d’un rendez-vous.
Enfin, il est possible d’aider l’aidant à préserver du temps personnel. Cela peut être un repas sans sujet médical, une sortie courte, une activité régulière, un moment de repos ou une nuit complète. L’objectif n’est pas de lui imposer une pause, mais de rendre cette pause possible.
Trouver une aide à domicile autour de moi
Aider sans prendre toute la place : trouver la bonne posture
Soutenir un aidant demande de respecter sa place et son lien avec la personne accompagnée. Même avec de bonnes intentions, arriver avec des solutions toutes faites peut être mal vécu.
La bonne posture consiste à proposer sans imposer. Demander « Qu’est-ce qui te soulagerait cette semaine ? » ou « Quelle tâche veux-tu que je prenne en charge ? » permet de partir de son besoin réel.
Si l’aidant refuse d’être aidé au départ, mieux vaut commencer par une aide simple et régulière : faire les courses, gérer un appel administratif, venir quelques heures ou accompagner à un rendez-vous. L’objectif n’est pas de décider à sa place, mais de lui permettre de ne plus tout porter seul.
Vers quels professionnels orienter un aidant en difficulté ?
Lorsqu’un aidant semble dépassé, il peut être utile de l’orienter vers des interlocuteurs capables d’évaluer la situation et de proposer des solutions concrètes.
Les points d’informations locaux pour les démarches
Le CCAS ou le CIAS de la commune peut informer sur les aides locales, l’aide à domicile, le portage de repas, les démarches sociales ou les dispositifs existants sur le territoire. Pour les personnes âgées, le point d’information local, le CLIC selon les départements, ou la plateforme autonomie peuvent aussi accompagner les proches dans leurs démarches.
Trouver un point d’information autour de moi
Le médecin traitant pour la santé de l’aidant
Le médecin traitant peut être un relais important, notamment si l’aidant présente des signes de fatigue, de troubles du sommeil, d’anxiété ou de douleurs liées à la charge quotidienne. Il peut aussi orienter vers un soutien psychologique ou alerter sur les risques d’épuisement.
Trouver du soutien moral autour de moi
Les plateformes de répit pour éviter l’épuisement
Les plateformes de répit accompagnent les aidants qui ont besoin de souffler. Elles peuvent proposer une écoute, des conseils et une orientation vers des solutions comme l’accueil de jour, l’aide à domicile, le relayage ou les groupes de parole.
Trouver une plateforme de répit autour de moi
Les associations d’aidants pour du soutien et de l’information
Les associations d’aidants informent, écoutent et orientent les proches aidants. Elles peuvent proposer des permanences, des groupes de parole, des ateliers ou des ressources pour mieux connaître ses droits et rompre l’isolement.
Trouver une association d’aidants autour de moi
Les formations pour aidants
Les formations pour aidants permettent de mieux comprendre la maladie, la perte d’autonomie ou le handicap du proche accompagné. Elles donnent aussi des repères pratiques pour adapter son aide au quotidien et préserver sa santé.
Quelques ressources pour orienter votre proche aidant selon ses problématiques
Selon la situation de l’aidant, certains articles peuvent l’aider à mieux comprendre ses démarches, ses droits ou les solutions de relais possibles. Voici quelques ressources à lui transmettre en fonction de ce qu’il traverse.
Il ne sait pas par où commencer
- Aidant familial, proche aidant : définition, aide financière et statut
- Aidants d’une personne âgée : quelles sont les premières démarches ?
- Aidants d’un proche handicapé : quelles sont les premières démarches ?
Il ne sait pas quels interlocuteurs consulter
- Quels sont les points d’information locaux dédiés aux personnes âgées ?
- Quels sont les points d’information locaux dédiés aux personnes handicapées ?
- CCAS : quelles aides pour les aidants et leurs proches ?
- Comprendre le métier d’assistante sociale et ses missions
Il a besoin de faire une pause ou de se faire remplacer
- Aidants : besoin de souffler, quelles solutions de répit ?
- Qu’est-ce qu’une plateforme de répit pour les aidants ?
- Relayage : une solution de répit à domicile pour les aidants
- Baluchonnage, relayage, répit longue durée : définition
Il veut connaître ses droits
- Aidants familiaux : droits, démarches, aides financières, absences et congés
- Salarié aidant : aides, congés, en parler à son employeur
- Congé proche aidant
- Allocation journalière du proche aidant
Il cherche les aides financières possibles
- Aidant familial : rémunération, salaire, dédommagement
- Aide à domicile pour personnes âgées : quelles aides financières ?
- Aide à domicile pour personnes handicapées : quelles aides financières ?
- Répit : quelles aides financières pour les aidants d’une personne âgée ?
- Répit pour les aidants d’une personne handicapée : quelles aides financières ?
Il a besoin d’un soutien psychologique ou moral
- Aidants : trouver un soutien émotionnel et psychologique
- Quelles aides concrètes apportent les associations d’aidants ?
- Trouver des associations d’aidants près de chez moi
- La médiation familiale : un espace de parole et de soutien
Pour compléter ces ressources, votre proche peut aussi consulter l'annuaire des solutions Ma Boussole Aidants afin d’identifier les structures proches de chez lui : CCAS, plateformes de répit, services d’aide à domicile, associations, solutions de transport, lieux d’accueil ou structures d’accompagnement adaptées à sa situation.