Qu’est-ce que le GIR ?
Le Groupe-Iso-Ressources (GIR) correspond au niveau de perte d’autonomie d’une personne âgée. Il est déterminé grâce à la grille AGGIR (Autonomie, Gérontologie, Groupes Iso-Ressources) qui présente 6 différents niveaux (GIR 1 étant le niveau de perte d’autonomie le plus fort, et GIR 6, le plus faible). La perte d’autonomie chez les personnes âgées est un phénomène malheureusement courant qui se manifeste par l’apparition de difficultés importantes au quotidien lors de la réalisation de plusieurs tâches de la vie courante. Cela peut résulter de problèmes physiques et/ou cognitifs. On estime aujourd’hui à 8% le total de personnes âgées concernées par la perte d’autonomie. Faire évaluer et reconnaître le GIR d’un proche permet notamment de savoir si on peut bénéficier de l’APA (allocation personnalisée d’autonomie). Ce dispositif est l’une des aides les plus importantes pour les seniors dépendants. Il permet notamment d’obtenir des solutions d’aide au maintien au domicile ou un accès au placement en établissement médicalisé, ainsi que de l’aide pour financer ces solutions.
Comment connaître le GIR d’une personne âgée ?
L'évaluation du GIR doit être effectué par un travailleur social spéicalisé. Plusieurs interlocuteurs peuvent être sollicités pour obtenir une évaluation du GIR..
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Le conseil départemental (via une demande d’APA)
C’est la démarche principale. Après dépôt du dossier, une équipe médico-sociale mandatée par le Conseil Départemental se déplace au domicile ou en établissement pour évaluer la perte d’autonomie à l’aide de la grille AGGIR. Le GIR attribué dans ce cadre est celui qui permet d’ouvrir des droits. -
Le médecin traitant
Il peut repérer une perte d’autonomie et donner une première estimation du niveau de dépendance. Même s’il ne détermine pas officiellement le GIR, son évaluation aide à comprendre la situation et à orienter vers les démarches adaptées. -
Les points d’information locaux dédiés aux personnes en perte d’autonomie
CLIC, CCAS, maisons départementales d’autonomie... Ces structures accueillent les personnes âgées et leurs aidants pour faire le point sur la situation. Elles ne déterminent pas officiellement le GIR, mais peuvent expliquer les démarches et orienter vers les bons interlocuteurs pour enclencher une évaluation reconnue. -
L’hôpital (service social ou équipe soignante)
Lors d’une hospitalisation, une première estimation du niveau d’autonomie peut être réalisée. Elle reste indicative mais permet d’anticiper la suite. -
L’EHPAD (médecin coordonnateur)
En cas d’entrée en établissement, une évaluation du GIR est réalisée pour adapter l’accompagnement et la tarification. Elle peut être ajustée après l’admission.
Comment le GIR est-il évalué ?
Evaluation des capacités
Lors de cette visite, le professionnel observe concrètement la capacité de la personne à réaliser seule les actes de la vie quotidienne. Il ne s’agit pas uniquement de poser des questions, mais aussi de comprendre comment la personne se débrouille réellement dans son environnement habituel.
Le professionnel peut également échanger avec l’aidant présent pour compléter son analyse, notamment sur les difficultés rencontrées au quotidien ou les aides déjà mises en place.
Evaluation selon la grille AGGIR
L’évaluation repose également sur la grille AGGIR, un outil utilisé pour mesurer de manière structurée le niveau d’autonomie. Cette grille se compose de 17 rubriques, avec des critères appelées “variables” réparties en deux catégories.
- Les variables discriminantes : correspondent aux actes essentiels de la vie quotidienne. Elles permettent d’évaluer si la personne est capable de réaliser seule certaines actions, de façon spontanée, habituelle et correcte. Elles portent notamment sur la cohérence (capacité à dialoguer et se comporter de manière adaptée), l’orientation dans le temps et l’espace, la toilette, l’habillage, l’alimentation, l’élimination, les transferts (se lever, se coucher, s’asseoir), les déplacements à l’intérieur du logement, les déplacements à l’extérieur, ainsi que la communication à distance.
- Les variables illustratives : elles ne sont pas prises en compte dans le calcul du GIR, mais permettent de mieux comprendre le quotidien de la personne et d’adapter les aides proposées. Elles concernent par exemple la gestion administrative, la préparation des repas, le ménage, les transports, les achats, le suivi du traitement ou encore les activités de temps libre.
Quels sont les différents niveaux de GIR et que signifient-ils ?
Il existe 6 niveaux de GIR
- GIR 1 : c’est le plus haut niveau de perte d’autonomie. Cela correspond à une personne âgée totalement dépendante, dont les facultés mentales sont altérées et qui nécessite une présence et une assistance en continu au quotidien pour différents actes aussi bien physiques que mentaux.
- GIR 2 : correspond à des personnes âgées très dépendantes, mais qui peuvent tout de même participer à certaines activités. Ce sont notamment les personnes alitées ou celles qui présentent une altération des facultés mentales et ont besoin d’un accompagnement.
- GIR 3 : les personnes de ce niveau présentent une autonomie physique et/ou mentale, mais ont tout de même besoin d’une assistance pour les tâches quotidiennes telles que la toilette ou encore l’habillage.
- GIR 4 : ce niveau inclut les personnes qui ont la capacité de se déplacer seules au sein de leur logement, mais qui nécessitent une aide pour les soins liés à la toilette ou les activités domestiques.
- GIR 5 : ce sont des personnes autonomes qui nécessitent une aide et un accompagnement de temps en temps pour les tâches domestiques ou encore tout ce qui touche aux repas.
- GIR 6 : elle se compose des personnes autonomes pour tous les actes de la vie quotidienne que l’on appelle “discriminants”. Elles ont parfois besoin d’une assistance pour les activités domestiques.
Quelles aides et solutions selon le niveau de GIR ?
Le niveau de GIR permet de déterminer les aides mobilisables et le type d’accompagnement à mettre en place. Plus le niveau de dépendance est élevé, plus les dispositifs peuvent être importants et structurés.
GIR 1 et 2 : une prise en charge importante au quotidien
Les personnes classées en GIR 1 ou 2 présentent les critères d'une dépendance forte. Elles ont besoin d’une présence continue pour les actes essentiels. Elles peuvent bénéficier de l’APA à domicile avec un plan d’aide conséquent, incluant des interventions quotidiennes (aide à domicile, soins infirmiers, portage de repas). L’entrée en EHPAD est souvent envisagée lorsque le maintien à domicile devient difficile.
GIR 3 et 4 : un accompagnement régulier pour rester à domicile
Les personnes en GIR 3 ou 4 conservent une partie de leur autonomie mais ont besoin d’une aide pour plusieurs actes du quotidien. Elles peuvent également bénéficier de l’APA, avec un plan d’aide adapté (aide à la toilette, ménage, accompagnement aux courses). Le maintien à domicile est fréquent, avec un accompagnement progressif selon l’évolution de la situation.
GIR 5 et 6 : des aides ponctuelles hors APA
Les personnes en GIR 5 ou 6 sont globalement autonomes pour les actes essentiels, mais peuvent rencontrer des difficultés pour certaines tâches. Elles ne sont pas éligibles à l’APA, mais peuvent solliciter des aides de leur caisse de retraite, comme une aide-ménagère, ou bénéficier de services à domicile pour faciliter le quotidien.
Adapter les solutions selon la situation du proche
Au-delà du GIR, les aides mises en place dépendent aussi de l’environnement, de l’état de santé et du rôle de l’aidant. Une évaluation globale permet d’ajuster les solutions, qu’il s’agisse de maintien à domicile, d’aménagement du logement ou d’une orientation vers un établissement. Si vous ne savez pas quelles aides ou solutions sont disponibles et adaptées il existe des points d'informations locaux dédiés pour vous informer et vous orienter à travers les aides et démarches.
Qui peut bénéficier de l’APA en fonction du GIR ?
Les personnes qui peuvent bénéficier de l’APA à domicile ou de l’APA en établissement sont celles évaluées par l’équipe médico-sociale en GIR 1 à 4.
Les personnes qui sont en GIR 5 et 6 ne peuvent pas bénéficier de l’APA, mais peuvent demander une aide-ménagère ou une aide de la part de leur caisse de retraite.
Il existe différentes solutions et services selon l’état de la personne âgée : autonomie ou dépendance. L’équipe médico-sociale a aussi la capacité de prodiguer des conseils pour pouvoir trouver les bonnes aides, les ressources nécessaires et les établissements adaptés.
Quel est le montant de l’APA selon le GIR en 2026 ?
Le montant de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) dépend directement du niveau de perte d’autonomie évalué à travers le GIR. Plus la dépendance est importante, plus le plafond du plan d’aide peut être élevé.
Au 1er janvier 2026, les plafonds mensuels de l’APA à domicile sont les suivants : une personne classée en GIR 1 peut bénéficier d’un plan d’aide pouvant atteindre 2 080,33 euros par mois. Pour un GIR 2, ce plafond est fixé à 1 682,30 euros. Il s’élève à 1 215,99 euros pour un GIR 3, et à 811,52 euros pour un GIR 4.
Ces montants correspondent à des plafonds nationaux. Concrètement, le montant réellement attribué dépend du plan d’aide défini par l’équipe médico-sociale et des ressources de la personne concernée. Une participation financière peut rester à charge lorsque les revenus dépassent certains seuils.
Quel GIR est nécessaire pour entrer en EHPAD ?
La majorité des résidents sont classés en GIR 1 à 4. Le GIR permet surtout de déterminer le niveau d’accompagnement nécessaire et d’ajuster le tarif dépendance au sein de l’établissement. Plus le niveau de dépendance est élevé, plus l’encadrement et les soins doivent être importants. Le choix d’une entrée en EHPAD repose donc davantage sur les besoins de la personne et les possibilités de maintien à domicile que sur un seuil de GIR précis.
Peut-on contester un classement en GIR ?
Il est possible de contester un classement en GIR si vous estimez qu’il ne correspond pas à la situation réelle de la personne. Cette démarche s’effectue auprès du conseil départemental qui a attribué le GIR.
Le recours doit être formulé par écrit, sur papier libre. Il est recommandé d’envoyer ce courrier en recommandé avec accusé de réception, afin de conserver une preuve de l’envoi. Dans ce courrier, il est important d’expliquer précisément les raisons de la contestation, en s’appuyant sur des éléments concrets du quotidien (difficultés non prises en compte, évolution de l’état de santé, besoin d’aide plus important que celui évalué).
Il est également conseillé de joindre des justificatifs, comme un certificat médical ou des documents émanant de professionnels intervenant auprès de la personne (infirmier, service d’aide à domicile). Suite à cette demande, une nouvelle évaluation peut être organisée pour réexaminer le niveau de dépendance.
Le GIR peut-il évoluer dans le temps ?
Le GIR n’est pas figé. Il peut évoluer en fonction de l’état de santé de la personne, qu’il s’agisse d’une perte d’autonomie progressive liée à l’âge, d’une aggravation d’une pathologie ou, à l’inverse, d’une amélioration après une hospitalisation ou une rééducation.
Une réévaluation peut être demandée à tout moment, notamment si les besoins ne correspondent plus aux aides mises en place. Cette demande se fait généralement auprès du conseil départemental dans le cadre de l’APA. Une nouvelle visite à domicile est alors organisée pour ajuster le niveau de GIR et, si nécessaire, le plan d’aide associé.