Assumer ce rôle d'aidant tout en conservant une activité professionnelle expose à une triple difficulté : charge mentale, charge émotionnelle, et parfois charge financière. Au délà, des aides légales (congés, aides financières) disponibles pour les salariés aidants, il existe d’autres formes d’aides que certaines entreprises peuvent mettre en place. Pour répondre à ces enjeux, un ensemble de dispositifs existe pour aider les salariés aidants à souffler, à être soutenus et à éviter l'épuisement.  

Les fonds d’action sociale : un soutien financier pour alléger la charge  

Ils sont proposés par les caisses de retraite, mutuelles, entreprises ou institutions sociales. Ces paniers d’aides prévoient des enveloppes dont l’accès et la somme dépend de certaines conditions d’éligibilité. Leur objectif est de venir en complément des aides légales ou dans le cas où certaines ne seraient pas accessibles, pour réduire les dépenses liées à l’aide apportée à un proche, car elles peuvent rapidement devenir lourdes (heures d’aide à domicile, matériel spécifique, déplacements...) 

Les objectifs principaux  

  • Eviter que les dépenses liées au rôle d'aidant pèsent uniquement sur le salarié
  • Prévenir l’épuisement en apportant des solutions de répit
  • Faciliter l’accès à des services professionnels et adaptés  

Exemples d’aides possibles  

  • Prise en charge partielle de prestations de répit : auxiliaire de vie, garde à domicile, relayage, accueil de jour
  • Contribution financière pour l’équipement du domicilebarres d’appui, lit médicalisé, fauteuil roulant, matériel de téléassistance, domotique simplifiée
  • Aide aux frais de transportdéplacements réguliers pour les soins, visites indispensables, trajets de coordination 
  • Prise en charge exceptionnelle : situations d’urgence (hospitalisation soudaine du proche, crise familiale, aggravation de la situation)
  • Financement de prestations spécialiséesaide administrative, orientation sociale, accompagnement psychologique, évaluation des besoins  

Un exemple concret  

Un salarié aidant d’un parant atteint de la maladie d’Alzheimer peut, sous conditions, obtenir une aide financière pour financer : 

  • 20h d’aide à domicile
  • Une journée par semaine en accueil de jour
  • Ou l’installation d’un dispositif de sécurisation (téléalarme)  

 Les services d’écoute : un espace confidentiel pour souffler et être entendu  

Beaucoup de salariés aidants vivent leur situation dans le silence, par pudeur ou par peur d’être jugés au travail. Ils offrent un espace neutre, disponible à tout moment, pour parler de ce qu’ils vivent, sans conséquences professionnelles. 

Les objectifs principaux  

  • Offrir un espace d’expression sécurisé et confidentiel
  • Briser l’isolement émotionnel souvent lié au rôle d'aidant
  • Orienter vers les ressources adaptées
  • Aider à identifier ses limites et à prévenir le surmenage 

Les types de services d’écoute  

  • Numéro d’écoute interne : souvent animé par des psychologues ou des travailleurs sociaux
  • Plateformes téléphoniques 24h/24 et 7j/7 proposées par certaines mutuelles  
  • Services de soutien social : écoute, conseils, orientation  
  • Groupes de parole à distance spécialement dédiés aux aidants  

Ce que l’aidant peut y trouver  

  • Une oreille attentive et sans jugement
  • Des conseils concrets sur la conciliation vie professionnelle / vie d’aidant  
  • Une meilleure compréhension de ses droits et ressources  
  • Un soulagement émotionnel immédiat  

Un exemple concret  

Un.e salarié.e aidant un enfant en situation de handicap peut appeler un numéro d’écoute après une journée difficile pour : 

  • Poser des mots sur son stress
  • Être soutenue émotionnellement 
  • Recevoir des conseils pour s’organiser avec son employeur
  • Être orientée vers un accompagnement psychologique ou administratif  

 L’accompagnement psychologique : prévenir l’épuisement et mieux vivre son rôle  

Être aidant peut entrainer une fatigue émotionnelle intense, un sentiment de responsabilité permanente, voire de la culpabilité ou du découragement. Être accompagné peut aider à prendre du recul, à mieux gérer ses émotions et à retrouver un espace et du temps pour soi. 

Les objectifs principaux 

  • Prévenir le burn-out de l’aidant 
  • Aider à gérer le stress, l’angoisse, la culpabilité ou la surcharge
  • Offrir des outils pour mieux concilier vie personnelle et vie professionnelle  
  • Soutenir l’aidant lors des phases difficiles (aggravation de la situation, comportements difficiles, conflits familiaux) 

Les formes d’accompagnement  

  • Séances individuelles avec un psychologue financées par l’entreprise ou la mutuelle
  • Ateliers collectifs : gestion du stress, méditation, techniques d’ancrage, communication non violente
  • Suivi psychologique après un événement marquant : hospitalisation, annonce diagnostique, perte d'autonomie soudaine
  • Plateformes de consultations en ligne (en visioconférence ou par téléphone) 

Les bénéfices concrets 

  • Diminution du stress et de la culpabilité 
  • Retour d’un sentiment de contrôle et d'équilibre
  • Amélioration des relations familiales et professionnelles  
  • Possibilité de prendre du recul et de comprendre ses besoins  

Un salarié aidant un conjoint atteint d’une maladie dégénérative peut, par exemple, bénéficier de 8 séances de psychologue prises en charge pour : 

  • Apprendre à gérer l’angoisse quotidienne
  • Comprendre ses limites
  • Mieux organiser son temps
  • Eviter l’épuisement 

L’accompagnement administratif et social : comprendre ses droits sans se perdre  

Les démarches administratives, lorsqu’on est aidant, peuvent devenir un vrai labyrinthe. Dans certaines entreprise, une assistante sociale, un care manager ou l’accès à un service dédiée à l’accompagnement administratif et social vise à décharger l’aidant de cette pression.  

Les objectifs principaux  

  • Simplifier les démarches
  • Clarifier les droits du salarié aidant
  • Orienter vers les dispositifs existants
  • Aider à monter les dossiers complexes  

Les exemples d'accompagnement  

  • Constitution de dossiers : MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées), APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie), PCH (Prestation de Compensation du Handicap), aides de la CAF (Caisse d’Allocations Familiales), mutuelles, protection juridique
  • Informations sur les droits au travail : congé proche aidant, télétravail, horaires aménagés, dons de jours de repos
  • Orientation vers des solutions de répit ou services spécialisés
  • Aide à la coordination entre les différents intervenants  

Un salarié aidant un parent dépendant peut, par exemple, être accompagné pour : 

  • Monter un dossier APA
  • Demander un aménagement temporaire d’horaires
  • Organiser une solution de répit pour souffler  

Comment savoir si ces dispositifs existent dans votre entreprise et à qui s’adresser 

Les aides et soutiens pour les salariés aidants existent parfois sans être clairement identifiés ou communiqués. Pour savoir si votre entreprise propose un fonds d’action sociale, un service d’écoute, un accompagnement psychologique ou un soutien administratif, le premier interlocuteur reste généralement le service des ressources humaines. Les RH peuvent vous informer sur les dispositifs internes, les partenariats avec des prestataires externes ou les aides accessibles via la mutuelle ou la caisse de retraite de l’entreprise.  

Dans certaines structures, un référent aidants, un responsable QVT (qualité de vie au travail) ou un service social interne peut également être en charge de ces questions. À défaut, la mutuelle d’entreprise constitue un point d’entrée important : elle propose souvent des services d’écoute, un accompagnement psychologique ou des aides financières spécifiques. Enfin, les représentants du personnel ou le CSE peuvent aussi vous orienter, car ils disposent parfois d’informations sur les dispositifs existants, y compris ceux financés par l’action sociale de l’entreprise ou du comité. Lorsque l’information n’est pas clairement affichée, il est légitime de poser la question : ces dispositifs sont conçus pour être sollicités, même s’ils restent encore trop souvent méconnus. 

 Les engagements internes des entreprises : créer un environnement favorable pour les salariés concernés 

Certaines entreprises s’engagent de plus en plus dans une politique de soutien aux aidants 

Quelques exemples d’actions internes  

  • Référent aidants au sein des RH (Ressources Humaines)
  • Charte “Entreprise aidante”
  • Communauté interne d’aidants pour échanger et se soutenir  
  • Aménagement du temps de travail selon les besoins  
  • Formation des managers à la problématique des aidants  

Les bénéfices  

  • Un salarié aidant qui bénéficie du soutien de son entreprise est un salarié plus serein et plus engagé 
  • L’entreprise gagne en humanité, en cohésion et en attractivité  

Les salariés aidants ont besoin d’être accompagnés, reconnus et soutenus.  

Les fonds d’action sociale, les services d’écoute et l’accompagnement psychologique constituent un ensemble de ressources essentielles pour éviter l’épuisement, maintenir l’équilibre et permettre aux aidants de continuer à aider sans sacrifier leur vie professionnelle.Chaque dispositif, qu’il soit financier, émotionnel ou organisationnel, participe à une même mission : offrir du répit, alléger la charge mentale et permettre au salarié aidant de souffler réellement.  

FAQ  

1 - Qui sont les salariés aidants et pourquoi ont-ils besoin de soutien ? 

Un salarié aidant est une personne qui travaille tout en s’occupant régulièrement d’un proche en perte d’autonomie, atteint d’un handicap, d’une maladie chronique ou d’un trouble du développement. Ces salariés cumulent souvent charge mentale, charge émotionnelle et charge financière, ce qui peut entraîner épuisement ou difficultés professionnelles. Les dispositifs existants visent à alléger leur quotidien et à préserver leur santé. 

2 - Qu’est-ce qu’un fonds d’action sociale et comment peut-il aider un aidant salarié ? 

Les fonds d’action sociale sont des dispositifs proposés par les caisses de retraite, mutuelles, entreprises ou institutions pour soutenir financièrement les aidants. 
Ils couvrent tout ou partie des dépenses liées à l’aide apportée au proche. 

Objectifs : réduire les coûts assumés par le salarié aidant, prévenir l’épuisement en facilitant le recours à du répit et permettre l’accès à des services professionnels adaptés. 

Aides possibles : 

  • Heures d’aide à domicile, garde à domicile, accueil de jour.
  • Financement de matériel : lit médicalisé, barres d’appui, téléassistance, fauteuil roulant, domotique.
  • Aides aux déplacements pour les soins.
  • Prise en charge en cas d’urgence (hospitalisation, aggravation de la situation).
  • Prestations spécialisées (aide administrative, évaluation des besoins, accompagnement psychologique). 

3 - Comment fonctionnent les services d’écoute pour les salariés aidants ? 

Les services d’écoute offrent un espace neutre, confidentiel et bienveillant pour permettre aux aidants d’exprimer leurs difficultés sans crainte de jugement. 

Objectifs : offrir une écoute sécurisée et anonyme, rompre l’isolement émotionnel, orienter vers des ressources adaptées, aider à identifier ses limites pour éviter le surmenage. 

Types de services : numéros d’écoute internes en entreprise, plateformes téléphoniques 24/7 des mutuelles, services de soutien social ou travailleurs sociaux, groupes de parole dédiés aux aidants. 

Ce que l’aidant peut y trouver : une écoute sans jugement, des conseils concrets pour s’organiser, une meilleure compréhension de ses droits et un soulagement émotionnel immédiat. 

4 - Pourquoi un accompagnement psychologique peut-il être essentiel pour un salarié aidant ? 

Être aidant expose à une fatigue émotionnelle intense, à de la culpabilité, du stress, ou à un sentiment de ne jamais pouvoir “déconnecter”. L’accompagnement psychologique aide à préserver l’équilibre mental et à prévenir le burn-out. 

Objectifs : prévenir l’épuisement et le burn-out, gérer l’anxiété, les conflits familiaux, la culpabilité, améliorer la conciliation vie professionnelle / rôle d’aidant et soutenir lors des phases critiques (annonce diagnostique, aggravation…). 

Formes d’accompagnement : 

  • Séances individuelles financées par l’entreprise ou la mutuelle.
  • Ateliers collectifs de gestion du stress, méditation ou communication non violente.
  • Suivi psychologique après un événement marquant.
  • Consultations en visio ou par téléphone via plateformes spécialisées. 

 5 - En quoi consiste l’accompagnement administratif et social pour les aidants ? 

Les démarches administratives peuvent être lourdes : dossiers MDPH, aides financières, demandes auprès de la CAF, congés aidants, etc. L’accompagnement administratif aide à simplifier, anticiper et sécuriser ces démarches. 

Objectifs : clarifier les droits de l’aidant, aider à constituer des dossiers complexes, orienter vers les dispositifs et services adaptés et coordonner les différents intervenants sociaux ou médicaux. 

Exemples d’accompagnement : 

  • Constitution de dossiers MDPH, APA, PCH, aides CAF.
  • Information sur les droits au travail (congé proche aidant, aménagement d’horaires, télétravail).
  • Orientation vers des solutions de répit ou des services spécialisés.
  • Aide à la coordination entre intervenants médicaux et sociaux. 

6 - Que peuvent mettre en place les entreprises pour soutenir leurs salariés aidants ? 

Les entreprises ont un rôle clé pour faciliter la vie des salariés aidants. De plus en plus s’engagent dans des politiques internes dédiées. 

Actions possibles : 

  • Création d’un référent aidants au sein des RH.
  • Signature d’une charte “Entreprise aidante”.
  • Mise en place de communautés internes d’aidants pour s’entraider.
  • Aménagement du temps de travail (souplesse, télétravail, horaires adaptés).
  • Formation des managers à la compréhension des enjeux aidants. 

7 - Comment un salarié aidant peut-il savoir à quelles aides il a droit ? 

Il est recommandé de : 

  • Contacter sa mutuelle, sa caisse de retraite ou le service RH pour identifier les fonds d’action sociale disponibles.
  • Appeler un service d’écoute pour être orienté vers les bons dispositifs.
  • Solliciter un travailleur social ou un accompagnant administratif.
  • Consulter les sites publics dédiés aux aidants (MDPH, CAF, Portail national des aidants). 

Une combinaison de plusieurs dispositifs est souvent possible. 

8 - Les dispositifs sont-ils accessibles à tous les aidants ou seulement dans certaines entreprises ? 

Les fonds d’action sociale, l’accompagnement administratif et certains services d’écoute sont accessibles à tous les salariés, car proposés par les mutuelles, caisses de retraite ou institutions externes. Les dispositifs internes (charte, référent aidants, souplesse horaires) dépendent en revanche de chaque entreprise. 

9 - À quoi sert réellement l’ensemble de ces dispositifs (financiers, psychologiques, administratifs) ? 

Ils ont une mission commune : offrir du répit, alléger la charge mentale, prévenir l’épuisement, permettre au salarié aidant de souffler et maintenir un équilibre durable entre vie professionnelle, personnelle et rôle d’aidant. 

Ensemble, ils contribuent à la qualité de vie du salarié et au maintien de son activité professionnelle.