Quand un proche perd en autonomie, l’aidant se retrouve vite happé par l’organisation du quotidien. Entre les soins infirmiers, l’aide à domicile, les rendez-vous médicaux ou les livraisons de repas, il faut sans cesse coordonner, planifier, vérifier. Le lien affectif cède peu à peu la place à la logistique, qui prend également toute l’énergie et le temps personnel de l’aidant. Sans relais, l’aidant fini par s’épuiser moralement et physiquement.  

Les Services Autonomie à Domicile (SAD) ont été créé pour répondre directement à cette charge invisible. En réunissant dans une même structure les services d’aide et de soins à domicile, ils simplifient les démarches et assurent une coordination fluide entre les intervenants. L’aidant n’a plus à tout organiser et multiplier les appels et demandes : un interlocuteur unique s’occupe du suivi, des ajustements et de la continuité de l’accompagnement.  

 Le SAD : un service unique pour accompagner à domicile 

Avant la réforme, le maintien à domicile reposait sur plusieurs services distincts :  

  • les SAAD pour l’aide et l’accompagnement, 

  • les SSIAD pour les soins infirmiers, 

  • les SPASAD, qui combinaient les deux. 

Pour les aidants, cette organisation impliquait de nombreux contacts à gérer, des plannings à coordonner et des transmissions d’informations à assurer entre différents intervenants. 

Depuis le décret du 13 juillet 2023, ces dispositifs sont progressivement réunis sous la bannière des Services Autonomie à Domicile (SAD). On distingue désormais deux types de SAD :  

  • les SAD “aide”, qui proposent uniquement des prestations d’aide à domicile, 

  •  les SAD “mixtes”, qui associent aide et soins au sein d’une même structure.  

L’objectif est clair : simplifier les démarches, mieux coordonner les interventions et offrir une continuité d’accompagnement à la personne aidée. Même lorsqu’il n’assure que l’aide à domicile, un SAD “aide” doit pouvoir évaluer les besoins globaux de la personne et, si nécessaire, orienter l’aidant vers le service ou le professionnel de santé compétent. Cette capacité d’orientation garantit la continuité du parcours, sans que la famille ait à chercher seule un SSIAD ou un SAD mixte. 

Concrètement, les activités d’aide, d’accompagnement et de soins restent organisées par spécialité, mais l’aidant n’a plus à jongler avec plusieurs interlocuteurs. Il dispose désormais d’un interlocuteur unique, chargé de centraliser les demandes, planifier les passages et coordonner les professionnels concernés.  

Des services adaptés aux besoins du proche et des aidants 

Les Services Autonomie à Domicile (SAD) ont pour vocation de simplifier le quotidien des aidants tout en assurant un accompagnement complet de la personne aidée. Selon leur type (SAD “aide” ou SAD “mixte”) ils proposent ou coordonnent différents niveaux d’intervention à domicile. 

Aide à la vie quotidienne 

Les SAD accompagnent les gestes essentiels de chaque jour : 

  • aide à la toilette, à l’habillage, au lever et au coucher ; 

  • préparation et prise des repas, aide à l’hydratation ; 

  • entretien du logement, gestion du linge, courses, accompagnements extérieurs ; 

  • mise en sécurité du domicile (éclairage, mobilité, prévention des chutes). 

Ces interventions visent à préserver l’autonomie et le confort de la personne, tout en soulageant les proches des tâches les plus chronophages. 

Soins infirmiers et suivi de santé 

Dans les SAD mixtes, les soins à domicile sont intégrés et coordonnés avec les prestations d’aide : 

  • soins infirmiers courants (pansements, injections, traitements, surveillance) ; 

  • suivi de l’état de santé et prévention des complications ; 

  • transmission des informations au médecin traitant ou aux équipes hospitalières ; 

  • coordination avec les kinésithérapeutes, ergothérapeutes ou services hospitaliers. 

Le SAD mixte garantit ainsi une continuité de soins et d’accompagnement au sein d’une même structure. 

Coordination et orientation 

Qu’il soit “aide” ou “mixte”, chaque SAD assure : 

  • un interlocuteur unique pour l’aidant, chargé de la planification et du suivi ; 

  • un cahier de liaison ou un outil de communication partagé entre intervenants ; 

  • une orientation facilitée vers un service de soins lorsque les besoins dépassent l’aide quotidienne (SSIAD, SAD mixte, professionnel de santé). 

Même lorsqu’il n’assure pas directement les soins, un SAD “aide” doit pouvoir orienter l’aidant vers les bons interlocuteurs pour garantir la continuité du parcours. 

Un appui concret pour les familles 

Grâce à cette organisation : 

  • les démarches sont simplifiées ; 

  • le suivi est mieux coordonné ; 

  • les aidants peuvent retrouver du temps pour leur relation avec le proche, sans gérer l’ensemble de la logistique quotidienne. 

Quand et comment faire appel à un SAD ? 

La mise en place d’un Service Autonomie à Domicile (SAD) peut se faire à différents moments de la vie du proche : après une hospitalisation, lors d’une perte d’autonomie progressive, ou quand le besoin d’aide ou de soins devient trop lourd à assumer seul. L’aidant peut être à l’origine de la demande, mais il est aussi possible que ce soit un professionnel de santé ou un service social qui oriente la famille vers ce dispositif. 

Pendant une hospitalisation 

Lorsque la sortie de l’hôpital est prévue, le service social hospitalier évalue les besoins de la personne (aide, soins, fréquence des passages) et peut solliciter directement un SAD sur le territoire. Cette préparation en amont facilite le retour à domicile et évite les ruptures de prise en charge. Dans certains cas, l’Assurance Maladie peut également proposer un accompagnement via le programme PRADO, en lien avec le SAD choisi. 

À domicile 

Si la perte d’autonomie survient progressivement, la famille ou le médecin traitant peuvent contacter directement un SAD local. Le service réalise alors une évaluation à domicile, afin d’identifier les besoins concrets : nombre d’heures, type d’intervention, coordination avec d’autres professionnels. Cette étape permet d’élaborer un plan d’accompagnement personnalisé qui précise la nature des prestations (aide, soins ou les deux) et leur fréquence. 

Les démarches administratives 

Une fois le service choisi, un contrat ou plan d’intervention est établi. Il définit les prestations prévues, les horaires, les tarifs et les modalités de suivi. Dans certains cas, les SAD peuvent aussi aider les familles à constituer les dossiers d’aides financières (APA, PCH, ARDH, caisses de retraite, crédit d’impôt). 

Comment trouver un SAD près de chez soi 

Ma Boussole Aidants recense les SAD et les structures locales d’accompagnement partout en France. En renseignant simplement votre commune, vous accédez aux coordonnées des services proches de chez vous et aux points de contact utiles pour être accompagnée dans vos démarches. 

Trouver les SAD autour de chez moi
 

Si vous préférez obtenir un interlocuteur direct ou de l’information sur les SAD de votre région, plusieurs interlocuteurs locaux peuvent vous aider :  

  • Le Centre communal d’action sociale (CCAS) de votre mairie. Ce service connaît les structures du territoire et peut vous orienter vers le SAD le plus proche, qu’il s’agisse d’un service “aide” ou “mixte”.  

  • Lservice social hospitalier où votre proche st hospitalisé peut également se charger de la recherche et du lien avec le SAD avant le retour à domicile. 

  • Une assistante sociale (de la mairie, du département ou d’une caisse de retraite), elle peut aussi vous aider à évaluer les besoins du proche, à choisir le service le plus adapté et à remplir les éventuels dossiers de demande d’aide financière. 

Trouver l'un de ses interlocuteurs autour de moi

 Quel coût et quelles aides financières ? 

Le coût d’un Service Autonomie à Domicile (SAD) varie selon le type d’intervention : aide à domicile, soins infirmiers, ou accompagnement mixte. Les tarifs dépendent du nombre d’heures, de la qualification des intervenants et de la nature des prestations. Les soins prodigués par un SAD peuvent être pris en charge, en partie ou en totalité, par l’Assurance Maladie pour les soins sur prescriptions, tandis que les heures d’aide à domicile relèvent souvent d’un reste à charge modulé par les aides disponibles. 

Plusieurs dispositifs financiers permettent de réduire les dépenses pour les familles : 

  • L’ARDH (Aide au retour à domicile après hospitalisation) : attribuée par certaines caisses de retraite, elle finance temporairement l’aide et les soins nécessaires dans les semaines qui suivent une hospitalisation. 

  • L’APA (Allocation personnalisée d’autonomie) : destinée aux personnes âgées dépendantes, elle contribue au financement des prestations d’aide à domicile selon le degré de perte d’autonomie. 

  • La PCH (Prestation de compensation du handicap) : accordée après avoir fait une demande via la MDPH, elle couvre les besoins liés à la perte d’autonomie des personnes en situation de handicap, y compris les aides humaines. 

  • Les aides des caisses de retraite et mutuelles : certaines institutions prévoient des forfaits spécifiques pour le maintien à domicile ou l’aide temporaire après une hospitalisation. 

  • Le crédit d’impôt de 50 % : une partie des dépenses d’aide à domicile peut être déduite des impôts, qu’il s’agisse d’un SAD ou d’un autre service agréé. 

Pour connaître les aides disponibles selon la situation du proche, il est recommandé de se rapprocher du CCAS, du CLIC (Centre local d’information et de coordination) ou de la Maison départementale de l’autonomie (MDA). Ces structures peuvent orienter l’aidant vers les bons dispositifs et aider à constituer les dossiers. 

FAQ :  Les questions fréquentes sur les SAD 

Quelle est la différence entre un SAD et un SSIAD ? 


Le SSIAD proposait uniquement des soins infirmiers à domicile. Avec la réforme, il est intégré dans le dispositif des SAD, qui peuvent désormais associer soins et aide à la personne selon leur organisation. 

Comment savoir si un SAD existe dans ma commune ? 


Vous pouvez vous renseigner auprès du CCAS, de la Maison départementale de l’autonomie, du service social de votre hôpital ou consulter l'annuaire des solutions de Ma Boussole Aidants. 

Quels professionnels interviennent dans un SAD ?


Selon le type de service, les SAD regroupent des aides à domicile, des auxiliaires de vie, des infirmiers, des aides-soignants, et parfois un coordinateur ou un référent de parcours chargé du suivi global. 

Combien coûte un SAD par heure ?

 
Le tarif horaire dépend de la nature de l’intervention (aide ou soin), du nombre d’heures hebdomadaires et du niveau d’autonomie du proche. Certaines prestations peuvent être partiellement prises en charge par les aides publiques ou les caisses de retraite. 

Peut-on bénéficier d’un SAD temporairement après une hospitalisation ? 


Oui. L’ARDH permet de financer une aide temporaire pour accompagner le retour à domicile et éviter les réhospitalisations. Le SAD intervient alors dès la sortie d’hôpital pour organiser les passages et coordonner les soins. 

Les SAD interviennent-ils aussi la nuit ou le week-end ? 


Certains SAD assurent des interventions en horaires élargis, y compris le soir, la nuit ou le week-end, selon les besoins et les ressources du service. Il est conseillé d’en discuter lors de l’évaluation initiale.