Accompagner un proche en perte d’autonomie implique souvent des déplacements réguliers : rendez-vous médicaux, séances de rééducation, visites en établissement, sorties nécessaires au maintien d’une vie sociale. Pour une grande partie des aidants, ces trajets représentent un coût important et une organisation constante, particulièrement lorsque le proche ne peut se déplacer seul. Entre les remboursements de l’Assurance maladie, les aides du Département ou les dispositifs locaux, il existe pourtant plusieurs leviers pour alléger ces dépenses.
Quels déplacements peuvent être pris en charge ?
Les aides financières dépendent souvent du motif du déplacement et du niveau d’autonomie du proche. Certaines situations médicales sont strictement encadrées par la Sécurité sociale, tandis que celles du quotidien relèvent plutôt d’aides locales ou départementales.
Les déplacements médicaux
La CPAM peut prendre en charge un service de transport médicalisé lorsqu’il est médicalement justifié et que le déplacement répond à des critères précis : hospitalisation, consultation spécialisée, transport lié à un traitement lourd, entrée ou sortie d’un établissement de soins, dialyse, chimiothérapie, radiothérapie, ou impossibilité pour la personne de se déplacer seule en raison de son état de santé.
Ces transports peuvent être réalisés :
- En ambulance
- En VSL (véhicule sanitaire léger)
- En taxi conventionné
- Avec le véhicule personnel
Dans ces cas, la prescription médicale est indispensable. Sans celle-ci, aucun remboursement n’est possible, même si le déplacement semble justifié (sauf en cas de transport d’urgence où la prescription pourra être rempli, à posteriori par la structure ayant pris en charge le patient).
Les déplacements liés à la vie quotidienne
Courses, rendez-vous administratifs, participation à des activités sociales ou visites chez des proches constituent des déplacements importants pour préserver l’autonomie et l’équilibre de la personne. Ces trajets ne relèvent pas de la Sécurité sociale, mais peuvent bénéficier d’un soutien dans le cadre :
Ces solutions permettent de réduire le coût des trajets indispensables à la vie courante.
Les aides de l’Assurance maladie pour les transports
Le transport sanitaire : ambulance, VSL ou taxi conventionné
Lorsque l’état de santé du proche nécessite une surveillance ou un accompagnement spécifique, le transport sanitaire est privilégié. Le médecin prescrit le mode de transport le plus adapté et indique si le trajet doit faire l’objet d’une demande d’accord préalable auprès de la CPAM.
La prise en charge est généralement de 65 %, sauf en cas de transport lié à une affection longue durée exonérante, à une hospitalisation, ou à un accident de travail, où elle peut atteindre 100 %.
Le remboursement du véhicule personnel
Il arrive que le médecin estime que le transport en véhicule personnel est suffisant et qu’il n’est pas nécessaire d’utiliser un taxi conventionné ou un VSL. Dans cette situation, un remboursement est possible, à condition que la prescription mentionne expressément que le véhicule personnel est le mode adapté.
Le calcul repose sur un tarif kilométrique établi par arrêté. À ce montant s’ajoutent, lorsque c’est justifié, des frais comme le stationnement ou les péages. La prise en charge est effectuée à 55 %, sauf situations particulières où elle peut être totale.
Prenons l’exemple d’une aide au retour à domicile après une hospitalisation. Pour un trajet de 50 kilomètres, le remboursement se calcule sur la base du tarif en vigueur : distance parcourue multipliée par le tarif kilométrique, puis application du taux de prise en charge. Ce mécanisme peut paraître technique ; c’est pourquoi la CPAM précise les montants sur la notification reçue après traitement du dossier.
Les aides légales et extra-légales pour les personnes âgées
Il existe plusieurs dispositifs d’aides permettant de prendre en charge des frais liés à la perte d’autonomie, dont les déplacements. Parmi elles, on retrouve les aides légales, disponibles, sous conditions, dans tous les départements et les aides extra-légales. Ces dernières sont des dispositifs exceptionnels mis en place à la décision du département, donc pas nécessairement présente partout, ni aux mêmes montants.
L’APA : participation aux frais de transport
L’Allocation personnalisée d’autonomie (APA), fait partie des aides légales disponibles pour aider les personnes âgées avec niveau de dépendance sévère (GIR 1 à 4). Il est possible d’intégrer des déplacements lorsqu’ils sont nécessaires à la mise en œuvre du plan d’aide : trajet vers un accueil de jour, déplacement pour se rendre à un centre de soins, ou transport lié à des activités essentielles au maintien de l’autonomie.
L’APA permet également de financer des services d’aide à domicile, comme une auxiliaire de vie en tant qu’accompagnatrice de votre proche pour ses déplacements du quotidien.
Le montant accordé dépend du niveau de GIR et du budget attribué par le Département. L’APA ne finance pas systématiquement tous les trajets, mais elle peut alléger significativement le coût des déplacements réguliers.
Autres soutiens pour les seniors
Selon les territoires, des dispositifs complémentaires extra-légaux existent : navettes municipales, tarifs préférentiels pour les personnes âgées, services de transport solidaire organisés par les CCAS ou une association. Certains fonctionnent sur adhésion annuelle, d’autres à la demande.
Pour connaître ces solutions, vous pouvez vous tourner vers les points d’informations locaux de votre ville comme :
Trouver l'un de ces points informations autour de moi
Le dispositif Sortir Plus de l’Agirc-Arrco
Le dispositif Sortir Plus de l’Agirc-Arrco permet aux retraités du secteur privé de 75 ans et plus de bénéficier d’un accompagnement pour leurs sorties, sans condition de ressources. Promenades, courses ou rendez-vous médicaux peuvent être réalisés avec l’aide d’un accompagnateur d’une structure d’aide à domicile.
Démarches : Appelez le 0 971 090 971 (service gratuit + prix de l’appel) pour préciser votre demande : sortie à pied ou en voiture, durée, distance. Le service organise ensuite l’accompagnement et prend en charge la partie administrative.
Il est aussi possible de réserver via le site https://services75ans.agirc-arrco.fr/ après un premier contact téléphonique.
Coût : Les sorties sont financées par la caisse Agirc-Arrco, dans la limite de l’enveloppe annuelle attribuée au bénéficiaire.
Les aides pour les personnes en situation de handicap
Concernant les déplacements des personnes handicapées, l’offre se divise de la même façon : des aides légales disponibles sur tout le territoire et certains dispositifs exceptionnels mis en place à la décision de chaque département.
La PCH transport
La Prestation de Compensation du Handicap (PCH) fait partie des dispositifs d’aides légaux permettant de financer des dispositifs d’aide qui compense le handicap ou des frais liés à ce dernier, comme notamment :
- Les frais de transport réguliers
- L’adaptation du véhicule du proche ou de l’aidant
- Les dépenses liées au besoin d’accompagnement lors des déplacements
- Certains trajets indispensables pour la scolarité, l’emploi ou les soins
La PCH est attribuée, sous conditions et après étude d’un dossier MDPH.
Les avantages liés à la carte mobilité inclusion
Certaines cartes peuvent réduire les coûts indirects de déplacement :
- La CMI stationnement facilite l’accès à des places dédiées
- La CMI invalidité ou priorité donne parfois droit à des réductions sur certains réseaux de transport, selon les politiques locales.
Ces avantages ne constituent pas une aide financière directe, mais permettent de limiter certaines dépenses ou d’améliorer les conditions de déplacement.
Les dispositifs locaux de mobilité
Selon le lieu de résidence de votre proche, plusieurs solutions de proximité peuvent compléter les aides nationales ou départementales.
Les transports accompagnés proposés par les communes ou associations
Dans de nombreuses communes, un service de transport accompagné permet à une personne dépendante de se déplacer pour des besoins du quotidien. Ces dispositifs sont particulièrement utiles lorsque la personne ne peut plus utiliser les transports en commun classiques, mais n’a pas besoin d’un transport médicalisé.
Par exemple, une mairie peut proposer une navette communale qui vient chercher les habitants âgés à domicile une fois par semaine pour se rendre au marché ou au supermarché. Dans certaines zones rurales, des associations organisent un transport solidaire assuré par des bénévoles : un voisin inscrit au réseau peut conduire une personne à un rendez-vous administratif ou l’accompagner pour faire ses courses, moyennant une participation symbolique au kilomètre. D’autres structures proposent un accompagnement à pied pour les petites distances, comme se rendre à la pharmacie ou à la poste lorsque le proche ne peut plus marcher seul en sécurité.
Les réseaux de transport adaptés (PMR)
Certaines agglomérations disposent également d’un service spécifique pour les personnes à mobilité réduite. Ces réseaux, souvent rattachés aux transports publics, mettent à disposition des véhicules équipés d’une rampe ou d’un élévateur, conduits par des chauffeurs formés à l’accompagnement du handicap.
Un proche en fauteuil roulant peut par exemple réserver un trajet via le service adapté de son agglomération pour se rendre à son centre de loisirs, à un rendez-vous dans une mairie ou à une activité associative. Le fonctionnement est généralement simple : une inscription préalable, une évaluation du handicap pour vérifier l’éligibilité, puis une réservation ponctuelle ou régulière des trajets. Dans plusieurs villes, le coût est aligné sur le prix d’un ticket de bus ou d’un abonnement adapté, ce qui permet de maintenir une mobilité régulière sans surcoût important.
FAQ - Questions fréquentes pour les aides financières concernant les modes de transports adaptés
Quels déplacements sont remboursés par la Sécurité sociale pour une personne dépendante ?
La CPAM rembourse les déplacements liés à des soins lorsqu’un médecin établit une prescription. Ils doivent être médicalement justifiés : hospitalisation, examens, traitements réguliers ou incapacité à se déplacer seul.
Comment obtenir un taxi conventionné pour mon proche ?
Le médecin prescrit le transport et mentionne si un taxi conventionné est adapté. Le proche ou l’aidant contacte ensuite un taxi agréé. Le remboursement dépend du motif du déplacement et du taux de prise en charge.
L’APA peut-elle financer les déplacements d’un parent âgé ?
Oui, dans certains cas. Si les trajets sont nécessaires à un accueil de jour, à un soin ou à une activité figurant dans le plan d’aide, l’APA peut couvrir tout ou une partie des frais.
Que finance la PCH transport ?
La PCH peut prendre en charge des frais de transport réguliers, l’adaptation d’un véhicule ou certains coûts liés aux déplacements indispensables. Les montants accordés varient selon les besoins évalués.
Comment faire rembourser l’usage du véhicule personnel ?
Il faut disposer d’une prescription mentionnant explicitement que le véhicule personnel est le mode de transport retenu. Le remboursement se fait sur un tarif kilométrique, avec un taux de 55 % ou dans certains cas 100 %.
Existe-t-il des transports accompagnés près de chez moi ?
De nombreux CCAS, associations ou collectivités proposent des services de transport accompagnés. Pour les repérer,
Vous pouvez vous rendre dans l’un des points d’informations locaux de votre ville (CLIC, CCAS, MDA) ou vous rendez sur l’annuaire des solutions de Ma Boussole Aidants.