Lorsqu’on accompagne un proche âgé ou handicapé, les rendez-médicaux se multiplient. L’aidant doit souvent composer avec son emploi du temps personnel  et assurer lui-même le transport, si l’état de son proche le permet. Mais il existe plusieurs solutions, selon le niveau d’autonomie, l’état de santé et la fréquence des consultations. Véhicule personnel, taxi conventionné, VSL, ambulance, transport accompagné par une association ou encore transport public accessible, voici les différentes options qui s’offrent à vous.   

Évaluer les besoins avant d’organiser un déplacement médical 

L’organisation d’un transport médical dépend d’abord du niveau d’autonomie de la personne. Il est utile d’observer si le proche peut marcher seul quelques mètres, se transférer dans un véhicule, rester assis durablement ou s’il a besoin d’un fauteuil roulant. Certains rendez-vous nécessitent aussi une vigilance particulière : fatigue liée à la maladie, risques de chute, difficulté à comprendre les consignes ou incapacité à se repérer. 

Il est également important de tenir compte des caractéristiques du trajet : distance, durée, accessibilité du lieu, nécessité ou non d’être accompagné jusqu’au service hospitalier. Plus les besoins sont précis, plus il sera facile de choisir le transport adapté et d’anticiper les formalités éventuelles auprès de l’Assurance maladie. 

Si vous avez besoin d’accompagnement pour cette évaluation, n’hésitez pas à vous adresser à votre médecin traitant.   

Utiliser son véhicule personnel 

Lorsque la personne peut monter en voiture et rester assise sans difficulté, le véhicule personnel reste une solution simple. L’aidant doit toutefois anticiper certains points : horaires de circulation, difficultés de stationnement à proximité, accès aux zones hospitalières réservées, présence ou non de places PMR. Certaines structures hospitalières proposent des dépose-minute ou des parkings réservés aux usagers en mobilité réduite, accessibles sur demande à l’accueil. Cette solution demeure souple mais demande une disponibilité importante. 

Quelle prise en charge ?  

L’Assurance maladie peut prendre en charge un déplacement effectué en véhicule personnel uniquement si un médecin a établi une prescription indiquant que ce mode de transport est nécessaire. Sans cette justification médicale, aucun remboursement n’est possible. Lorsque la prescription est validée, le remboursement s’effectue sur la base d’un tarif kilométrique réglementé, auquel peuvent s’ajouter certains frais annexes liés au trajet. 

Le remboursement repose sur un tarif forfaitaire fixé à 0,30 € par kilomètre parcouru. L’Assurance maladie applique ensuite son taux de prise en charge, qui est généralement de 55 %, mais qui peut être porté à 100 % dans certaines situations, comme les transports liés à une affection de longue durée ou à un accident du travail. Le montant remboursé correspond donc au produit de la distance aller simple par le tarif kilométrique, puis par le taux applicable. Par exemple, pour un trajet de 50 km justifié par une prescription médicale, le calcul de la prise en charge à 55 % est : 50 km × 0,30 € × 0,55, soit un remboursement de 8,25 €. 

Les transports médicalisés ou adaptés 

Les transports médicalisés ou adaptés regroupent plusieurs solutions selon l’état de santé, le niveau d’autonomie et la nécessité ou non d’une surveillance médicale. Le choix dépend notamment de la capacité de la personne à voyager assise, à être transférée dans un véhicule, ou au contraire à nécessiter un transport allongé ou encadré par un professionnel de santé. 

  • Ambulance : solution réservée aux personnes ne pouvant pas voyager assises ou nécessitant une surveillance médicale continue. L’ambulance permet un transport allongé, le brancardage, l’administration d’oxygène ou l’utilisation de matériel de secours. Elle est mobilisée pour les hospitalisations médicalisées, les transferts entre établissements ou les situations où un accompagnement médical est indispensable pendant le trajet.
  • Taxi conventionné : mode de transport destiné aux personnes pouvant rester assises et ne nécessitant pas de soins durant le déplacement. Agréé par l’Assurance maladie, il peut être pris en charge sur prescription médicale. Le chauffeur peut aider à l’installation dans le véhicule et conduit la personne jusqu’au lieu de soins. Le véhicule est identifiable grâce au macaron bleu « taxi conventionné ».
  • Véhicule Sanitaire Léger (VSL) : transport assis assuré par un professionnel formé, adapté aux personnes présentant une mobilité réduite ou une fragilité nécessitant de l’aide pour les transferts. Le VSL convient lorsque l’état de santé requiert un transport sécurisé et accompagné, sans surveillance médicale continue. Il offre un espace adapté, une assise confortable et peut transporter du matériel médical léger. 

Quelles démarches pour accéder à ces transports ? 

Pour bénéficier d’un taxi conventionné, d’une ambulance ou d’un VSL, une prescription médicale de transport est indispensable. Elle doit être rédigée avant la consultation ou l’examen, sauf en cas d’urgence (dans ce cas, elle pourra être remplie à posteriori par un médecin de la structure de prise en charge). Le médecin y précise le type de transport nécessaire en fonction de l’état de santé de la personne.
Une fois la prescription obtenue, il revient à l’aidant ou au patient de contacter directement le prestataire choisi : société d’ambulance, entreprise de VSL ou taxi conventionné. Certaines structures hospitalières peuvent également orienter vers les transporteurs partenaires. 

Quelle prise en charge ? 

Avec une prescription médicale valide, les transports en ambulance, VSL ou taxi conventionné sont remboursés à 55 % sur la base des tarifs conventionnés par l’Assurance maladie. Le reste peut être couvert par la complémentaire santé, selon les garanties prévues au contrat. 

Dans certains cas, la prise en charge peut atteindre 100 %. Cela concerne notamment : 

  • les déplacements liés à une affection longue durée (ALD) reconnue par l’Assurance maladie ;
  • un besoin de transport d’urgence pour une hospitalisation entraînant une intervention ou un acte coûteux ;
  • les personnes titulaires :
  • d’une pension d’invalidité,
  • d’une pension militaire,
  • d’une pension vieillesse substituée à une pension d’invalidité,
  • d’une pension de veuf ou veuve invalide,
  • ou d’une rente liée à un accident du travail ou une maladie professionnelle avec un taux d’incapacité supérieur à 66,66 %.

Ces règles permettent d’éviter des restes à charge importants dans les situations de maladie chronique, de handicap ou de fragilité durable. 

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Le transport accompagné proposé par les associations 

De nombreuses associations proposent un transport accompagné pour les rendez-vous médicaux. Un bénévole récupère la personne à domicile, aide à l’installation dans le véhicule et l’accompagne jusqu’au lieu de soins. Cette formule est particulièrement utilisée par les personnes âgées isolées ou les personnes handicapées dont la mobilité est limitée. Les conditions d'accès et les tarifs sont fixés directement par la structure qui organise le transport solidaire
En ce qui concerne le coût, certaines associations proposant du transport solidaire, demandent une participation financière forfaitaire ou au kilomètre, souvent modeste, mais dépendante des règles de l’association. 

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Les services d’aide à domicile 

Certains services d’aide et de soins à domicile peuvent inclure un accompagnateur pour les rendez-vous médicaux. L’auxiliaire de vie aide à la préparation, sécurise les déplacements dans l’établissement et peut assister la personne dans les démarches administratives à l’accueil. Ce type d’accompagnement n’est pas un transport sanitaire : il faut prévoir, si nécessaire, le véhicule ou réserver un taxi. Le coût dépend de la grille tarifaire du service d’aide à domicile et d’éventuelles aides financières (APA à domicile, caisses de retraite).
Les services d’aide à domicile facturent l’accompagnement selon leur tarification horaire, avec un reste à charge pouvant être allégé par l’APA, la PCH ou des aides des caisses de retraite. 

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Les services des collectivités 

Mairie, conseil départementale, CLIC, CCAS... Certaines collectivités locales mettent en place des dispositifs comme des navettes ou des véhicules adaptés pour faciliter les trajets des personnes handicapées. Le service PAM (Pour Aider à la Mobilitéen Île-de-France. Pour y faire appel, il faut s’inscrire auprès du service concernésouvent via le site internet de la mairie ou du conseil régional.  

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Les transports publics accessibles 

Certaines villes disposent de réseaux de transports publics dotés d’équipements adaptés (rampe, espace fauteuil, arrêts accessibles). Pour des rendez-vous simples et pour un proche autonome ou semi-autonome, cela peut représenter une solution économique. Les limitations sont toutefois nombreuses selon les territoires, c’est pourquoi il est recommandé de vérifier l’accessibilité du trajet en amont. 

Comment obtenir une prescription médicale de transport ? 

La prescription doit être délivrée avant le déplacement, sauf urgence. Elle peut être établie par le médecin traitant, un spécialiste ou un médecin hospitalier. Elle précise le type de transport nécessaire (taxi conventionné, VSL, ambulance) ainsi que le motif médical justifiant la prise en charge.
La demande doit être présentée au transporteur lors de la réservation. Sans prescription, aucun remboursement n’est possible, sauf cas limités. Il est également fréquent que l’Assurance maladie demande une entente préalable pour certains soins nécessitant des déplacements réguliers. Dans ce cas, la CPAM doit donner son accord avant la prise en charge. 

Bien organiser un déplacement le jour de la consultation 

Le jour du rendez-vous, il peut être utile de vérifier les horaires indiqués, de préparer les documents administratifs (carte Vitale, ordonnance, convocation), et de contacter le service pour confirmer l’accessibilité ou la nécessité d’un accompagnant. 
Il est conseillé de prévoir le retour en tenant compte de la fatigue ou des contraintes liées à l’examen (anesthésie, prélèvements, traitement ponctuel). Certains transports sanitaires demandent une disponibilité assez large, car les horaires sont ajustés selon les besoins des patients. 

FAQ – Déplacements vers l’hôpital et consultations médicales 

Quand la Sécurité sociale peut-elle rembourser un transport vers l’hôpital ?

 
L’Assurance maladie peut prendre en charge un transport lorsque le déplacement est lié à un soin ou un examen médical justifié médicalement. Les situations les plus courantes concernent les hospitalisations, les traitements réguliers, les consultations spécialisées prescrites, les affections de longue durée ou l’incapacité à se déplacer seul. La prescription médicale doit préciser la nécessité du transport et le type de véhicule à utiliser. Certaines situations exigent une entente préalable auprès de la CPAM. 

Quelle différence entre taxi conventionné et un VSL ?

Le taxi conventionné est un taxi ayant signé une convention avec l’Assurance maladie, permettant la prise en charge partielle ou totale du coût du trajet en cas de prescription. Le VSL est un véhicule sanitaire léger appartenant à une société de transport sanitaire. Le VSL permet un accompagnement plus spécialisé et un encadrement médicalisé léger. Le choix dépend des capacités de la personne : si elle peut voyager assise sans surveillance particulière, le taxi conventionné est suffisant ; si un accompagnement sanitaire est nécessaire, le VSL est privilégié. 
 

Comment réserver un taxi conventionné pour un rendez-vous médical ?

 
La réservation peut se faire directement auprès d’un taxi conventionné de votre département. La liste est disponible auprès de la CPAM ou sur les annuaires en ligne spécialisés. Il faut présenter la prescription médicale au chauffeur. Selon les cas, le transporteur transmettra directement la facture à l’Assurance maladie, ce qui évite l’avance de frais. La réservation doit être faite suffisamment tôt, surtout pour les trajets vers les hôpitaux où la demande est forte. 

Quels transports sont adaptés pour une personne en fauteuil roulant ?

 
Plusieurs options existent : taxis ou VTC adaptés, transports associatifs équipés, services municipaux pour les personnes à mobilité réduite, les services de transports médicalisés. Pour un transport sanitaire, l’ambulance peut être mobilisée si un brancardage ou une surveillance est requise. 

Comment obtenir une ambulance pour un parent malade ? 


L’ambulance est prescrite lorsque la personne ne peut pas être transportée assise, doit rester allongée, nécessite une surveillance médicale ou présente un état de santé fragile. Un médecin doit établir une prescription médicale justifiant l’usage d’une ambulance. Le transport est ensuite organisé auprès d’une société de transport sanitaire. Selon le motif, la prise en charge peut être totale ou partielle. 

Qui peut accompagner une personne âgée en consultation ? 


L’accompagnement peut être assuré par un aidant familial, un proche, un bénévole d’association, un auxiliaire de vie ou un professionnel de transport sanitaire. Selon les besoins, l’accompagnant peut aider dans les déplacements, les démarches administratives, l’installation dans la salle de consultation et la compréhension des informations médicales. Certaines structures comme les CCAS, les CLIC ou les Maisons de l’autonomie peuvent orienter vers des solutions locales d’accompagnement.