Après l’installation dans un nouvel environnement, que ce soit en établissement médicalisé ou un logement adapté, l’aidant a toujours un rôle à jouer. L’accompagnement prend simplement une autre dimension. Créer un climat rassurant, faciliter la communication avec l’équipe médico-sociale s’il s’agit d’un Ehpad, comprendre le fonctionnement de la structure...
Entre soutien émotionnel, suivi du projet personnalisé et continuité des habitudes de vie. Cette période de transition nécessite à la fois écoute, disponibilité et collaboration. Il est important de garder en tête que cela représente une étape importante, à la fois chargée d’émotions, pour le proche que pour l’aidant. Pour ce dernier, il sera question de nouvelles responsabilités, d’ajustements et d’un repositionnement dans la relation. Il n’en reste pas moins que le rôle et la présence de l'aidant demeurent essentiels afin de maintenir le lien, soutenir l’adaptation et veiller au bien-être de son proche.
Comprendre la période d’adaptation
Un temps de transition pour le proche...
Les premières semaines peuvent être marquées par des émotions fluctuantes : excitation, appréhension, fatigue, nostalgie et manque du domicile qui vient d’être quitté, difficulté à prendre de nouveaux repères.
Le proche doit apprendre à :
- Se familiariser avec les lieux et les routines
- Découvrir l’équipe et les résidents, s’il y en a
- Réintégrer une routine si des intervenants se coordonne pour des soins ou de l’accompagnement dans le nouveau logement
- Intégrer de nouveaux rythmes
- Trouver sa place dans un environnement collectif, si c’est le cas
Cette transition demande du temps, de la patience et une bonne compréhension des rôles de chacun.
Et pour l’aidant
L’aidant vit parfois un mélange d'émotions : du soulagement. Un relai professionnel est peut-être présent pour le proche dans le cas d’une maison de retraite médicalisée, ou s’il s’agit d’un logement privatif adapté, le proche est dans un endroit plus sécurisé. L’aidant peut également ressentir de la culpabilitéet de l’inquiétude. Il doit apprendre à :
- Faire confiance à une nouvelle équipe, s’il y en a une
- Accepter de ne plus être au centre de toutes les décisions
- Ajuster son niveau d’implication
- Se créer un nouveau rôle sur le long terme, moins centré sur l’urgence
Maintenir un lien rassurant avec son proche
Être présent sans envahir
Une présence régulière, surtout au début, aide le proche à se sentir soutenu. Cependant, il est important de ne pas multiplier les visites afin de ne pas perturber son intégration.
Quelques conseils :
- Privilégier des visites courtes mais rassurantes
- Respecter les activités et les temps de repos
- Encourager les initiatives et les nouvelles relations dans la structure ou le nouveau lieu de vie
Valoriser ses émotions et son vécu
Le proche peut exprimer ses doutes, sa nostalgie ou son incompréhension. L’aidant peut écouter sans minimiser ce qu’il ressent et rappeler progressivement les points positifs du nouveau cadre.
Trouver sa place dans la relation avec l’équipe
Construire une relation de confiance
Dans le cas d’un placement en Ehpad ou en institution médico-social, le rôle de l'aidant évolue : il devient partenaire de l'équipe et non plus acteur principal du quotidien de son proche. Pour cela, il est important de :
- Se présenter aux professionnels dès les premières semaines
- Clarifier les habitudes importantes du proche
- Comprendre les missions de chacun (éducateurs, infirmiers, psychologues, coordinateurs)
Même si les professionnels prennent le relai du quotidien, la présence de l'aidant reste essentielle.
Trouver le bon niveau d’implication
L’aidant n’a pas besoin de tout vérifier ou de tout contrôler. Etablir une communication régulière mais raisonnable permet d’éviter la pression.
Par exemple :
- Convenir d’un référent privilégié
- Participer aux réunions de suivi
- Echanger sur les évolutions, réussites et difficultés
Accompagner la continuité des habitudes de vie
Migrer les repères importants
Les habitudes donnent un sentiment de sécurité. L’aidant peut aider à :
- Apporter certains objets familiers (photos, coussins, objets décoratifs)
- Transmettre les routines : rythmes alimentaires, loisirs, rituels de coucher, sensibilité sensorielle
- Préciser ce qui apaise ou déclenche du stress
Encourager les nouvelles habitudes
Le lieu de vie propose souvent :
- Des activités adaptées
- Une vie sociale riche
- Des apprentissages d’autonomie
- Un encadrement professionnel
L’aidant peut soutenir ces nouveautés en valorisant les progrès et en encourageant la participation.
Gérer les émotions de l’aidant
Faire face à la culpabilité
Beaucoup d’aidants ressentent :
- La culpabilité d’avoir “laissé” leur proche
- La peur de ne pas être à la hauteur
- L’impression de ne plus être indispensable, d'avoir été "remplacé"
Il est important de rappeler que confier son proche à une structure adaptée n’est pas un abandon, mais un acte d’amour et de protection.
Se préserver pour durer
Le changement de cadre permet aussi à l’aidant :
- De souffler
- De retrouver du temps pour soi
- De préserver sa santé physique et psychique
- D’être dans une relation apaisée avec le proche
Un aidant qui va bien accompagne mieux.
S’impliquer dans le projet personnalisé
Le projet personnalisé (ou projet individuel) est la feuille de route qui définit les objectifs, besoins et envies du proche.
L’aidant peut :
- Partager les éléments essentiels de l’histoire et du parcours
- Exprimer les besoins spécifiques
- Participer aux réunions
- Soutenir les objectifs du proche (autonomie, communication, activités)
Cette collaboration renforce la cohérence entre famille et professionnels.
Soutenir le quotidien et la vie sociale du proche
L’aidant participe à la continuité familiale et affective :
- Sorties en famille
- Participation aux fêtes ou événements du lieu de vie
- Maintien des liens avec les proches
- Partage de moments sereins hors des enjeux médicaux ou éducatifs
Ces instants renforcent la sécurité émotionnelle du proche et favorisent son équilibre.
Après l’installation dans un nouveau lieu de vie, l’aidant reste un pilier dans la vie de son proche. Son rôle évolue, se transforme mais ne disparait jamais. En développant une relation de confiance avec l’équipe, en maintenant un lien rassurant avec son proche et en prenant soin de lui-même, il contribue à une adaptation harmonieuse et durable. Accompagner, c’est continuer à être présent, autrement, avec bienveillance, confiance et équilibre.
FAQ
1 - Pourquoi la période suivant l’installation est-elle si importante ?
La période post-installation est une phase de transition essentielle. Le proche doit s’adapter à un nouvel environnement, de nouveaux repères, une équipe inconnue et un rythme différent. Cette étape peut être émotionnellement intense, marquée par de l’appréhension, de la fatigue ou de la nostalgie. Le rôle de l’aidant est alors central pour sécuriser cette transition et favoriser une adaptation progressive.
2 - Combien de temps dure la période d’adaptation ?
Il n’existe pas de durée fixe. L’adaptation dépend de la personnalité du proche, de son histoire, de ses besoins et du type de lieu de vie. Les premières semaines sont souvent les plus sensibles et importantes, mais l’ajustement peut se poursuivre sur plusieurs mois. La patience et la régularité sont essentielles.
3 - Quel est le rôle de l’aidant après l’installation ?
Après l’installation, l’aidant reste un repère affectif et sécurisant, mais son rôle évolue. Il n’est plus responsable du quotidien, mais devient :
- un soutien émotionnel,
- un relais de l’histoire et des habitudes du proche,
- un partenaire de l’équipe professionnelle,
- un garant du lien familial et affectif.
Sa présence reste essentielle, même si elle prend une forme différente.
4 - Comment maintenir un lien rassurant sans freiner l’adaptation ?
Il est important d’être présent sans être envahissant. Des visites régulières mais mesurées permettent de rassurer le proche tout en lui laissant l’espace nécessaire pour s’intégrer.
Quelques bonnes pratiques :
- privilégier des visites courtes et chaleureuses,
- respecter les temps d’activités et de repos,
- encourager les nouvelles relations et initiatives,
- valoriser les efforts d’adaptation du proche.
5 - Comment réagir face aux émotions du proche (nostalgie, inquiétude, doutes) ?
Le proche peut exprimer des émotions ambivalentes. L’aidant peut :
- écouter sans minimiser ni banaliser,
- reconnaître et valider ce que le proche ressent,
- reformuler pour apaiser,
- rappeler progressivement les aspects positifs du nouveau cadre.
L’objectif n’est pas de convaincre, mais de sécuriser émotionnellement.
6 - Quelle relation entretenir avec l’équipe professionnelle ?
Après l’installation, l’aidant devient un partenaire de l’équipe. Une relation de confiance se construit dès les premières semaines en :
- se présentant aux professionnels,
- partageant les habitudes et besoins importants du proche,
- comprenant les rôles de chacun (éducateurs, infirmiers, psychologues, coordinateurs).
Même si l’équipe gère le quotidien, l’expertise de l’aidant sur son proche reste précieuse.
7 - Quel est le bon niveau d’implication de l’aidant ?
L’aidant n’a pas besoin de tout contrôler. Un équilibre est à trouver entre présence et lâcher-prise.
Cela peut passer par :
- la désignation d’un référent privilégié,
- des échanges réguliers mais raisonnables,
- la participation aux réunions de suivi,
- un dialogue ouvert sur les évolutions et difficultés.
Cet équilibre évite la surcharge émotionnelle et favorise une collaboration sereine.
8 - Comment préserver les habitudes et repères du proche ?
Les habitudes sont sources de sécurité. L’aidant peut faciliter la continuité en :
- apportant des objets familiers (photos, coussins, décorations),
- transmettant les routines importantes (alimentation, sommeil, loisirs),
- précisant les sensibilités, ce qui apaise ou génère du stress.
Ces repères aident le proche à se sentir chez lui dans ce nouvel espace.
9 - Faut-il encourager les nouvelles habitudes proposées par la structure ?
Oui. Le nouveau lieu de vie offre souvent des opportunités : activités adaptées, vie sociale, apprentissages de l’autonomie, encadrement professionnel. L’aidant peut soutenir ces évolutions en :
- valorisant les progrès,
- encourageant la participation,
- montrant de l’intérêt pour ce que le proche découvre.
Cela favorise l’intégration et l’épanouissement.
10 - Est-il normal que l’aidant ressente de la culpabilité ?
Oui, c’est très fréquent. Beaucoup d’aidants ressentent :
- la culpabilité d’avoir confié leur proche,
- la peur de ne plus être à la hauteur,
- le sentiment de ne plus être indispensable.
Il est important de rappeler que confier son proche à une structure adaptée n’est pas un abandon, mais une décision de protection et de bienveillance.
11 - Pourquoi est-il essentiel que l’aidant prenne soin de lui-même ?
Le changement de cadre permet aussi à l’aidant de :
- souffler,
- retrouver du temps pour lui,
- préserver sa santé physique et psychique,
- vivre une relation plus apaisée avec son proche.
Un aidant qui va bien est plus disponible, plus serein et accompagne mieux sur le long terme.
12 - En quoi consiste le projet personnalisé et quel est le rôle de l’aidant ?
Le projet personnalisé définit les objectifs, besoins et envies du proche. L’aidant peut :
- transmettre des éléments clés de l’histoire et du parcours,
- exprimer les besoins spécifiques,
- participer aux réunions,
- soutenir les objectifs d’autonomie, de communication ou d’activités.
Cette collaboration garantit une cohérence entre la famille et les professionnels.
13 - Comment l’aidant peut-il soutenir la vie sociale et affective du proche ?
L’aidant maintient la continuité familiale et affective à travers :
- des sorties en famille,
- la participation aux événements du lieu de vie,
- le maintien des liens avec les proches,
- des moments partagés sans enjeux médicaux ou éducatifs.
Ces temps renforcent la sécurité émotionnelle et l’équilibre du proche.
14 - Le rôle de l’aidant disparaît-il après l’installation ?
Non. Le rôle de l’aidant se transforme mais ne disparaît jamais. Il reste un pilier affectif, un partenaire de confiance et un soutien essentiel. Accompagner après l’installation, c’est être présent autrement : avec bienveillance, confiance et équilibre.