Vouloir tout faire tout seul  

L’erreur  

C’est sans doute l’erreur la plus courante : penser que l’on doit tout assumer soi-même. Par culpabilité, par amour ou par peur de déranger, beaucoup d'aidants refusent l'aide extérieure. Ils deviennent alors :  

  • Infirmier improvisé
  • Assistant administratif
  • Coordinateur médical
  • Soutien psychologique
  • Gestionnaire financier  

Le tout en conservant souvent leur emploi et leur vie familiale. 

Quels risques ? 

L’épuisement arrive vite. Ce phénomène est connu sous le nom de burn-out de l’aidant. L’isolement aggrave le stress et augmente les risques de dépression. 

Comment éviter cette erreur  

  • Accepter que l’aide extérieure est une force, pas un échec 
  • Mettre en place des relais (famille, amis, professionnels)
  • Contacter les points d’informations locaux qui pourront vous orienter et vous informer sur les différentes solutions d’aides à domicile ou de relai disponibles et adaptées à votre situation et comment les mettre en place. En fonction de votre département vous pouvez contacter un CCAS, un CLIC, une MDA, une MDS, une assistante sociale.  
Trouver un point d’informations local autour de moi

Négliger sa propre santé et ignorer les signes d'épuisement  

L’épuisement de l’aidant ne survient pas brutalement, il s’installe progressivement. Cependant, bon nombre ignorent ou sous-estiment les signaux d’alerte, jusqu’au moment où il est trop tard. Connaître les signes d'un épuisement naissant peut aider à le prendre en charge à temps afin que celui-ci ne se transforme pas en burn-out. 

L’erreur 

Les aidants placent presque toujours les besoins du proche avant les leurs. Repas sautés, sommeil réduit, absence de rendez-vous médicaux personnels... 

Les conséquences 

  • Fatigue chronique
  • Troubles anxieux
  • Douleurs physiques (dos, articulations)
  • Affaiblissement immunitaire 

Or, un aidant épuisé ne peut plus aider efficacement. 

La bonne pratique  

  • Reconnaitre les signes (propres à chacun)
  • Planifier des temps de repos non négociables (il existe de solutions de répit comme l’accueil de jour, l’hébergement temporaire, relais à domicile)
  • Maintenir ses propres rendez-vous médicaux  
  • Travailler sur des techniques de gestion du stress  
  • Conserver une activité personnelle (sport, lecture, sorties)
  • Ne pas hésiter à consulter un professionnel de santé si l’état psychologique évolue  

Prendre soin de soi n’est pas égoïste : c’est indispensable.  

Trouver une plateforme de répit autour de moi 

Sous-estimer la charge administrative  

L’erreur 

Beaucoup découvrent tardivement la complexité des démarches : aides financières, dossiers médicaux, demandes d’allocations, adaptation du logement... 

Pourquoi c’est difficile  

Les dispositifs sont nombreux : 

  • APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie)
  • PCH (Prestation de Compensation du Handicap)
  • Congé proche aidant  
  • Allocations  
  • Ma Prime Adapt 

Sans accompagnement, on peut passer à côté d'aides importantes. 

Comment s’organiser  

  • Centraliser tous les documents dans un dossier unique
  • Se faire accompagner par une assistante sociale
  • Se renseigner auprès du CCAS de sa commune, un CLIC, une MDA ou encore une assistante sociale  

Une bonne organisation dès le départ évite un stress considérable.  

Ne pas poser de limites 

L’erreur  

Certains aidants deviennent disponibles 24h/24. Ils acceptent toutes les demandes, même lorsqu’elles dépassent leurs capacités.  

Le risque  

  • Relation déséquilibrée
  • Tension avec le proche aidé
  • Perte d’identité personnelle 

L’aidant n’est pas un professionnel de santé. Il a le droit de dire non.  

Ce qu’il faut comprendre  

Poser des limites, c’est : 

  • Préserver la relation
  • Éviter le ressentiment
  • Protéger sa santé mentale  

S’isoler socialement  

L’erreur  

Être aidant de son proche peut très vite prendre toute la place dans le quotidien. Progressivement, l’aide devient très présente, jusqu’à empiéter sur la vie sociale. Les sorties sociales deviennent de plus en plus rares, les relations se détériorent et les loisirs n’ont plus leur place 

Les risques  

L’isolement social chez les aidants est en augmentation ces dernières années. En effet, 64% des aidants affirment avoir réduit leurs activités (loisirs) quand 37% assurent que le fait d’être aidant a contribué à la détérioration de leurs relations familiales. Les risques de l’isolement social sont grands 

Comment y remédier  

Afin de maintenir le lien social, il existe plusieurs solutions à mettre en place :  

  • Se fixer des objectifs de sorties régulières, même si elles ne durent pas très longtemps 
  • Penser à rejoindre un groupe de parole d’aidants afin de partager vos problèmes et questionnements avec des personnes qui traversent les mêmes choses que vous 
  • Utiliser les technologies pour maintenir le lien social avec vos amis ou votre famille : appels vidéo et réseaux sociaux. 
  • Si vous ne pouvez pas sortir de chez vous à cause de votre proche, n’hésitez pas à inviter vos proches pour pouvoir profiter d’un moment de détente.  

Ne pas se former  

L’erreur 

Beaucoup improvisent les gestes du quotidien : manipulation d’une personne dépendante, gestion des médicaments, communication avec une personne atteinte de troubles cognitifs.  

Pourquoi c’est risqué  

Sans formation :  

  • On peut se blesser 

  • On peut blesser le proche 

  • On peut mal comprendre certains comportements 

Les solutions  

Des formations gratuites ou à faible coût existent via : 

  • Des associations locales
  • Des hôpitaux
  • Des plateformes de soutien aux aidants 

Se former permet de gagner en confiance et en sérénité.  

Trouver des formations pour les aidants proches de chez moi 

Ignorer l’impact émotionnel  

L’erreur 

On pense souvent que l’amour suffit. Mais accompagner un proche malade confronte : 

  • La peur
  • La culpabilité  
  • La colère
  • La tristesse
  • Parfois l’anticipation du deuil  

Ces émotions sont normales et si elles deviennent trop importantes, il peut être utile de consulter un psychologue pour en discuter.  

Ce qu’il faut éviter  

Refouler ses émotions peut conduire à un épuisement psychologique profond. 

Les bonnes pratiques  

  • Participer à des groupes de parole
  • Consulter un psychologue si nécessaire
  • Echanger avec d’autres aidants  

Se sentir compris change tout.  

Oublier la communication familiale  

L’erreur 

Un seul membre de la famille prend souvent tout en charge, sans répartition claire.  

Les conséquences 

  • Frustration
  • Conflits familiaux
  • Sentiment d’injustice 

La solution 

Organiser une discussion familiale pour :  

  • Répartir les tâches
  • Clarifier les attentes
  • Définir les responsabilités  

Même une petite aide régulière peut faire une grande différence. 

Ne pas anticiper l’évolution de la situation 

L’erreur 

On gère le présent sans anticiper l’avenir : aggravation de la maladie, hospitalisation, perte d’autonomie accrue.  

Pourquoi anticiper est essentiel  

Certaines pathologies évoluent progressivement. Préparer l’avenir permet de : 

  • Éviter les décisions prises dans l’urgence
  • Sécuriser les aspects juridiques (procuration, tutelle si nécessaire)
  • Organiser une solution d’hébergement si besoin  

Anticiper, ce n’est pas être pessimiste, c'est être responsable.  

FAQ  

1 - Pourquoi ne faut-il pas vouloir tout faire seul en tant qu’aidant ? 

Beaucoup pensent qu’ils doivent tout gérer eux-mêmes (soins, administration, soutien émotionnel). Cela entraîne un risque rapide d’épuisement, d’isolement et de burn-out. 
Conseil : Accepter l’aide de la famille, des amis ou d’associations comme l’Association Française des Aidants et utiliser les relais disponibles. 

2 - Comment savoir si je néglige ma propre santé ? 

Si vous sautez des repas, dormez peu, oubliez vos rendez-vous médicaux ou ressentez une fatigue chronique, ce sont des signaux d’alerte. 
Conseil : Prendre du temps pour soi, maintenir ses rendez-vous, pratiquer une activité personnelle et utiliser des solutions de répit (accueil de jour, relais à domicile). 

3 - Pourquoi la charge administrative est-elle difficile à gérer ? 

Les démarches pour l’APA, la PCH ou le congé proche aidant sont nombreuses et parfois complexes. 
Conseil : Centraliser les documents, demander l’aide d’une assistante sociale ou du CCAS pour éviter le stress et ne rien oublier. 

4 - Pourquoi est-il important de poser des limites ? 

Devenir disponible 24h/24 peut créer des tensions avec le proche, une relation déséquilibrée et une perte d’identité personnelle. 
Conseil : Dire « non » quand c’est nécessaire permet de préserver sa santé mentale et la qualité de la relation avec le proche. 

5 - Comment éviter l’isolement social en tant qu’aidant ? 

L’aide quotidienne peut empiéter sur les sorties, les loisirs et les relations sociales. 
Conseil : Maintenir des activités sociales, rejoindre un groupe d’aidants, utiliser les appels vidéo et inviter ses proches à domicile si sortir est difficile. 

6 - Pourquoi est-il risqué de ne pas se former ? 

Improviser les soins ou la gestion du quotidien peut entraîner des blessures, des erreurs ou un stress supplémentaire. 
Conseil : Se former via des associations, hôpitaux ou plateformes d’aide aux aidants pour gagner en sécurité et confiance. 

7 - Comment gérer l’impact émotionnel du rôle d’aidant ? 

L’accompagnement d’un proche peut provoquer peur, culpabilité, colère, tristesse ou anticipation du deuil. Refouler ces émotions peut conduire à un épuisement psychologique. 
Conseil : Participer à des groupes de parole, consulter un psychologue et échanger avec d’autres aidants. 

8 - Pourquoi la communication familiale est-elle essentielle ? 

Si une seule personne assume toutes les responsabilités, cela peut provoquer frustration, conflits et sentiment d’injustice. 
Conseil : Organiser des réunions familiales pour répartir les tâches, clarifier les attentes et définir les responsabilités de chacun. 

9 - Pourquoi faut-il anticiper l’évolution de la situation de son proche ? 

Certaines maladies évoluent rapidement. Ne gérer que le présent peut entraîner des décisions urgentes et stressantes. 
Conseil : Préparer l’avenir, sécuriser les aspects juridiques (procuration, tutelle) et organiser des solutions d’hébergement si nécessaire.