Les aidants, dévoués à leurs proches en perte d'autonomie, s’oublient trop souvent eux-mêmes. Pourtant, renouer avec des activités sociales, retrouver du temps pour soi et recréer du lien sont essentiels pour préserver leur équilibre et leur santé mentale. Ateliers, moments de partage, activités collectives, objectifs sur le court et long terme...autant d’opportunités pour souffler, se ressourcer et reconstruire une vie à soi, sans culpabilité. 

Aidant : Pourquoi est-ce difficile de reprendre une vie sociale ? 

Avant de parler d’activités sociales, il est important de reconnaitre ce qui freine le retour au lien :  

  • La fatigue chronique au quotidien (physique et mentale) : on n’a plus d’énergie à donner ailleurs que dans notre rôle 

  • La culpabilité : “si je m’amuse, je néglige mon proche” 

  • La peur du regard des autres : “ils ne comprendront pas ma situation” 

  • Le manque de connaissance ou d’accès aux solutions de répit : impossible de partir si personne ne prend le relai 

  • L’oubli de soi : on ne sait plus ce qu’on aime, ni ce qui nous fait du bien  

Ces freins sont normaux. Reprendre une vie à soi demande du temps, de la bienveillance envers soi-même et un accompagnement progressif. 

Reprendre une vie sociale : étape par étape  

Recommencer à voir des gens / reprendre contact avec eux  

Pourquoi ?  

Quand on a vécu longtemps centré sur la personne aidée, les relations extérieures se sont souvent espacées. Reprendre contact, c’est renouer le fil avec le monde, pas pour faire comme avant, mais pour recréer des liens sincères et adaptés à sa nouvelle réalité.  

Comment ?  

  • Commencer petit à petit : un message, un café, une courte visite à des amis. Cela peut très bien se faire au domicile pour ne pas brusquer le quotidien. 

  • Être authentique : dire simplement “j’ai eu une période difficile, j’ai besoin de reprendre contact doucement” 

  • Choisir les personnes bienveillantes, qui ne jugent pas, ne minimisent pas, et respectent le rythme. 

  • Ne pas se forcer : privilégier les relations nourrissantes plutôt que nombreuses, la qualité face à la quantité. Les liens doivent privilégier la santé mentale. 

Rejoindre et participer à des groupes d’aidants  

Ces groupes sont des espaces protégés où chacun peut parler sans honte ni culpabilité. Ils offrent du soutien, de la compréhension et de l'appartenance, ce qui redonne confiance avant de se rouvrir plus largement au monde social.  

Concrètement :  

  • Participer à un Café des aidants (présentiel ou en ligne) 

  • S’inscrire à un groupe de parole organisé par une association spécialisé pour une pathologie en particulier (France Alzheimer, Autisme France etc) ou une association d’aidants 

  • Rejoindre des groupes d’échanges sur les réseaux sociaux, avec modération et discernement 

  • Oser prendre la parole peu à peu. Il est tout à fait légitime de commencer par écouter.  

Trouver un groupe d'aidants autour de moi
 

Trouver une activité pour soi, pour se ressourcer  

Pourquoi ?  

Avoir une activité personnelle, même modeste, aide à reconstruire son identité en dehors du rôle d'aidant. C'est un moyen de retrouver du plaisir, de la curiosité et de la vitalité. L’objectif n’est pas de remplir un agenda, mais de reconnecter avec ce qui nourrit votre identité et votre plaisir, à ce que vous aimez 

Quelques idées concrètes :  

  • Activités artistiques ou créatives qui favorisent la détente et la concentration sur autre chose que la charge mentale : peinture, écriture, photo, musique, couture 

  • Activités bien être (certaines structures proposent des séances spéciales aidants): yoga, sophrologie, relaxation, méditation guidée, danse, qi gong, natation douce 

  • Activités sociales légères ou culturelles qui redonnent un rythme social et du plaisir partagé : atelier de cuisine, club de lecture, jardin partagé, chorale, associations sportives 

  • Activités associatives : bénévolat ponctuel, entraide locale pour garder du sens mais sans charge émotionnelle trop forte 

  • Activités plein air (le mouvement relâche le stress et améliore le moral) : balade en nature, marche douce, jardinage partagé, vélo 

Accepter le répit et déléguer  

Reprendre une vie sociale n’est possible que si on accepte de laisser un peu de place à d’autres : famille, professionnels, services d’aide. Déléguer l’accompagnement de son proche, c’est ouvrir une brèche de liberté. Pour vous permettre de le faire en tout sécurité, il existe des solutions de répit. Des dispositifs pour déléguer votre rôle à une personne formée aux besoins de votre proche, pour quelques heures, voire parfois quelques jours.  

Comment ?  

  • Identifier les moments où un relai est possible (quelques heures, un week-end, un séjour temporaire) 

  • Se renseigner sur les dispositifs de répit : accueil de jour, services à domicile, plateformes d’accompagnement et de répit (PFR) 

  • Faire un test : laisser la personne aidée entre de bonnes mains, même pour un court moment, et observer que tout se passe bien  

  • Travailler sur la culpabilité : se rappeler que prendre soin de soi, c’est renforcer sa capacité à aider l'autre  

Demander de l’aide, ce n’est pas fuir, c’est permettre à la relation aidant/aidé de durer dans de meilleures conditions. Prendre du temps pour soi, ce n’est pas abandonner. Au contraire, se libérer quelques heures permet de gagner en énergie et bienveillance. Si vous souhaitez en savoir plus sur, comment instaurer des temps de répit et quelles solutions sont les plus adaptées autour de chez vous, vous pouvez vous rendre dans une Plateforme d’Accompagnement et de Répit (PFR).  

Trouver une plateforme de répit (PFR) autour de chez moi
 

Aller vers les lieux dédiés aux aidants  

Pourquoi ? 

Ces espaces existent pour accueillir, écouter, informer et accompagner les aidants. Ils permettent de sortir de l’isolement sans se sentir exposé ou jugé. Trouver de la compagnie et de l’écoute chez une personne qui vit la même chose, les mêmes situations, va permettre de comparer les quotidiens et de se donner des idées d’activités selon les goûts et les sensibilités. 

Les lieux à connaître :  

  • Maison des Aidants (présente dans de nombreuses villes) 

  • Plateformes de répit et d’accompagnement  

  • CCAS (Centre Communal d’Action Social) / CLIC (Centre Local d’Information et de Coordination) / MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) pour les démarches et aides locales 

  • Espaces associatifs proposant des ateliers bien-être, des groupes de parole et des permanences d’écoute 

  • Centres sociaux ou médiathèques proposant des cafés-rencontres  

Redécouvrir ses envies  

Pourquoi ? 

Après une longue période centrée sur l’autre, il est fréquent de ne plus savoir ce que l’on aime vraiment. Redécouvrir ses envies, c’est se retrouver, retrouver le plaisir d’exister pour soi.  

Comment ?  

  • En se posant la question : “Qu’est-ce qui me ferait du bien, là ?” 

  • Explorer de nouvelles pistes, sans objectif de performance  

  • S’autoriser à rêver, à tester, à dire non, à changer d'avis 

  • Reconnecter avec de petits plaisirs oubliés : musique, promenade, lecture, cuisine, beauté, nature... 

  • Tenir une liste d’envies simples, et en cocher au moins une par semaine  

Quand on a longtemps tout donné, on oublie parfois ce qu'on aime. Prenez le temps de vous demander : qu’est-ce qui me faisait du bien avant ? Qu'est-ce que j’aimerais (re)essayer ? Qu’est-ce qui me fait du bien maintenant ? C’est le point de départ d’une reconstruction personnelle. Vous devez vous poser des questions pour réapprendre à vous connaître : qui suis-je en dehors de mon rôle d’aidant ? Quelle petite chose puis-je m’accorder cette semaine ?  

L’importance de se fixer des objectifs  

Pourquoi c'est essentiel ?  

Quand on est aidant, le quotidien est souvent dicté par les besoins de l’autre : horaires, soins, démarches, urgences. Peu à peu, la vie personnelle s’efface et on a le sentiment d’agir sans choisir, d’être dans une succession d'obligations plus que dans des décisions. Se fixer des objectifs, même très simples, permet de reprendre le contrôle : 

  • On retrouve une direction personnelle 

  • On ravive le sentiment de compétence et d’efficacité  

  • On nourrit la motivation et la fierté d’avancer  

  • On recrée un équilibre entre “subir” et “agir” 

Pour ne pas se décourager, on peut avancer pas à pas, semaine par semaine en se fixant des objectifs réalisables comme appeler une amie, sortir 30 minutes seule ou encore participer à une activité locale. Il faut savoir que ces petites victoires comptent énormément.  

Par exemple, le fait de reprendre contact avec un(e) ami(e) va permettre de rompre la solitude et rejoindre un groupe d’aidants va permettre de sentir que l’on n'est pas seul. Chaque action aura des répercussions positives sur le quotidien. 

Se fixer des objectifs, c'est aussi :  

  • Se fixer des objectifs réalistes et progressifs car des objectifs trop ambitieux ou trop flous peuvent décourager  

  • Retrouver un sens personnel à ses objectifs puisque fixer un but n’a de valeur que s’il fait écho à ses propres besoins ou envies profondes  

  • Planifier sans se rigidifier car on le sait, l’aidant vit souvent dans l’imprévu et une rigidité excessive va créer de la frustration si les objectifs ne sont pas atteints (exemple : prévoir un plan B ou d’autres possibilités pour trouver des solutions face à ces moments et éviter le stress.) 

  • Accepter que les objectifs évoluent car les situations peuvent changer ou évoluer et pour ne pas créer de la frustration, il faut faire preuve de souplesse. Les objectifs ne doivent pas devenir une source de pression. 

Quelques ressources utiles 

Ce sont des lieux ou des ateliers avec d’autres aidants pour pouvoir trouver des solutions, des conseils et un accompagnement. Ces moments sont importants pour reprendre une vie sociale, professionnelle ou simplement pour diminuer le stress de son quotidien. Plusieurs actions peuvent être mise en place, que cela soit autour d'une activité, de jeux ou simplement de moments de convivialité :  

Plateforme d’écoute des aidants : 0 800 360 360 (appel gratuit) 

Association Française des Aidants : www.aidants.fr 

Cafés des Aidants : www.lescafesdesaidants.com