S’inscrire à une activité extrascolaire est une étape importante dans la vie d’un enfant : c’est l’occasion de se découvrir une passion, de se faire des amis et de grandir en dehors du cadre scolaire et familial. Pour les enfants en situation de handicap, cet accès reste parfois un défi. Pourtant, ces activités représentent un levier d’inclusion, à condition que les structures soient prêtes à accueillir la différence et que les parents soient soutenus dans cette démarche. 

Le sport inclusif en est un bon exemple : il permet à un enfant handicapé de pratiquer aux côtés d’autres enfants valides, en partageant les mêmes règles et les mêmes objectifs. Comme l’explique Margot, responsable projet dans l’association Les enfants de la balle : « Notre mission aujourd’hui est de venir en aide aux structures sportives qui existent déjà et aux petites associations de quartier pour leur permettre d’avoir une politique d’inclusion proactive et autonome. L’idée est d’inclure un enfant handicapé dans un groupe de 10 enfants valides, pour que l’expérience soit vraiment efficace. » 

Pourquoi les activités extrascolaires favorisent-elles l’inclusion ? 

Un cadre qui valorise les compétences 

Contrairement aux prises en charge médicales (kiné, psychomotricité), les activités sportives et culturelles collectives placent l’enfant dans une dynamique de plaisir et de partage. Comme le raconte Margot : « On ne cherche pas la performance sportive, on cherche l’inclusion, que l’enfant se fasse des copains, qu’il acquiert des bases sociales et développe sa motricité. » 

Ces activités permettent aussi de développer la coordination, la force et l’équilibre. Sandrine, maman d’Arthur, atteint de trisomie 21, témoigne : « Courir ou sauter à cloche-pied étaient des choses difficiles pour lui avant le sport. » 

Un apprentissage du vivre-ensemble 

Dans un groupe, l’enfant apprend à respecter des règles collectives. Arthur, par exemple, a découvert au futsal « les règles de bien vivre ensemble comme faire la queue, attendre que ce soit son tour, passer la balle aux copains ». 

Pour les enfants valides, c’est aussi une ouverture d’esprit : « Ils ont tout de suite compris qu’Arthur était celui qui avait besoin de l’aide du coach pour faire certaines choses. Ils ne se sont jamais posés de questions, ils ne l’ont jamais mis de côté et ils comprennent quand il faut ralentir le jeu pour qu’Arthur puisse un peu prendre la balle », explique Sandrine. 

Comment préparer l’inclusion de son enfant dans un club ou une activité ? 

Le rôle du parent 

L’implication parentale est un facteur clé. Comme le rappelle Margot : « L’inclusion ne passe pas que par une heure de sport dans la semaine, ça doit être un projet de famille. Quand tout se passe bien avec le club, on essaye de montrer aux parents qu’il faut pérenniser l’évolution et emmener leur enfant en société plus souvent, au cinéma, au restaurant, dans les magasins... » 

Les parents doivent aussi dépasser leurs propres appréhensions. « Il ne faut pas y aller avec un boulet aux pieds. Si vous avez peur ou si vous n’avez pas envie, votre enfant va le ressentir et ça risque de déteindre sur lui », confie Sandrine. 

Avant toute inscription, il est important de rechercher des structures sensibilisées à l’accueil des enfants handicapés. Certaines associations ou fédérations proposent des labels ou des listes de clubs inclusifs. Les parents peuvent également contacter directement les responsables pour expliquer la situation de leur enfant.  

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Préparer l’enfant lui-même 

L’inclusion réussie passe aussi par la confiance de l’enfant. Les parents peuvent le préparer en lui expliquant à quoi s’attendre, en le rassurant sur le regard des autres et en valorisant ses points forts. Une intégration progressive est recommandée, commepar exemple, commencer avec une courte participation, puis augmenter la durée, si c’est plus rassurant pour l’enfant. 

Le rôle de l’équipe encadrante 

Un échange en amont est essentiel. Présenter les besoins spécifiques (matériel, rythme, modes de communication) permet aux éducateurs de mieux anticiper. Un encadrement bienveillant et préparé fait toute la différence. Dans les clubs inclusifs accompagnés par l’association Les enfants de la balle, chaque enfant est soutenu par un assistant de vie sportive (AVS) qui l’aide à suivre l’entraînement. Le coach, formé et diplômé, anime la séance pour tout le groupe. 

En parallèle, les familles sont informées dès l’inscription : « Les parents qui viennent inscrire leurs enfants dans le club sont mis au courant de la possibilité d’inclusion d’enfants handicapés dans le groupe. Lorsqu’ils signent, ils le savent, ils sont d’accords et peuvent en parler avec leurs enfants au préalable », explique Margot.  

Conseils pour accompagner l’inclusion au quotidien 

  • Communiquer avec les encadrants dès le départ pour préciser les besoins spécifiques. 

  • Encourager la régularité, car la présence continue favorise les liens avec les autres enfants. 

  • Valoriser chaque progrès pour renforcer l’estime de soi. 

  • Soutenir l’enfant face aux éventuelles difficultés ou découragements, en rappelant les réussites passées.

Arthur et le futsal 

L’histoire d’Arthur illustre parfaitement l’impact positif du sport inclusif. Lors de ses premières séances, « il était au fond du terrain, il faisait beaucoup de crises, il se tirait les cheveux, il n’allait pas voir les autres », se souvient Margot. Mais au fil des semaines, Arthur s’est rapproché du groupe, a participé aux activités, et son équilibre comme sa motricité se sont améliorés. 

Aujourd’hui, à 8 ans, il continue toujours. Sa maman raconte : « Arthur a commencé quand il avait 5 ans. Aujourd’hui, il continue toujours et je ressens même chez lui le manque et l’impatience d’y retourner après les vacances. »