L’intérêt des activités pour un proche atteint de troubles du langage 

Lorsqu’un proche présente des troubles du langage, liés par exemple à un AVC, une maladie neurodégénérative ou un traumatisme, maintenir des activités adaptées joue un rôle important dans son quotidien. Ces moments partagés ne remplacent pas une rééducation orthophonique, mais ils contribuent à entretenir les capacités encore présentes, à soutenir la communication sous différentes formes et à préserver l’estime de soi. Les activités simples et régulières offrent des repères rassurants et favorisent l’expression, qu’elle soit verbale, gestuelle ou émotionnelle. Elles permettent aussi de limiter l’isolement que peuvent provoquer les difficultés à parler ou à comprendre. Pour l’aidant, c’est une manière de rester en lien avec son proche, d’observer ce qui lui fait du bien et d’adapter les échanges à son rythme. L’objectif n’est pas la performance, mais le plaisir partagé, la stimulation douce et la possibilité de communiquer autrement au quotidien. 

Pour les personnes atteintes de troubles du langage et/ou de troubles cognitifs, certaines activités favorisent la stimulation cognitive et langagière mais aussi lebien-être émotionnel, car elles reposent sur le partage, la valorisation et le plaisir d’être ensemble. Voici quelques-unes d'entre elles.  

Les bons réflexes à avoir 

Proposer des activités à un proche atteint de troubles du langage ou de troubles cognitifs nécessite de tenir compte de ses capacités du moment et de l’évolution de sa maladie. La stimulation peut être bénéfique, mais elle doit rester douce et adaptée. Une activité trop complexe, trop longue ou trop sollicitante peut provoquer de la fatigue, de la frustration ou un sentiment d’échec, particulièrement chez les personnes qui peinent à comprendre les consignes ou à trouver leurs mots. 

Il est donc important d’observer les réactions de votre proche et d’ajuster l’activité en fonction de son niveau d’attention, de son humeur et de son degré de sévérité du trouble. Pour certaines personnes, quelques minutes suffisent, tandis que d’autres peuvent poursuivre un peu plus longtemps. L’objectif est de maintenir un cadre rassurant, sans pression, en acceptant que la participation varie d’un jour à l’autre. 

Quelques conseils en plus : 

  • Privilégier les supports visuels et concrets 

  • Encourager la communication non verbale (gestes, expressions, dessins) 

  • Favoriser les activités courtes, simples, répétitives pour maintenir l’attention 

  • Garder une dimension ludique et valorisante 

  • Toujours encourager la personne malade 

 

Activités qui favorisent la stimulation du langage 

Ces activités, qui ont pour objectif la stimulation du langage, peuvent être réalisées avec des supports comme des images séquentielles, des albums photos ou encore des cartes imagées. Vous pouvez également utiliser des gestes ou des dessins pour communiquer tout au long des activités. 

 

Décrire une image ou une photo en quelques mots (le faire sans pression) 

Le but est de stimuler l’observation et le vocabulaire, d’encourager la personne aidée à mettre des mots sur ce qu’elle voit. Pour organiser cette activité, il vous suffit de montrer à votre proche une photo ou une image familière (famille, animaux, objet du quotidien), de lui proposer de dire une phrase ou un mot en rapport avec cette image. Si vous constatez une hésitation, vous pouvez commencer l’activité et l’aider un peu.  

Proposer des jeux de questions simples comme Oui/Non  

L’objectif est de travailler la compréhension et d’instaurer un cadre rassurant pour la prise de parole. Pour réaliser cette activité, vous pouvez poser des questions fermées autour d’un thème concret (exemple : Est-ce ce qu’il pleut ? Quelle est la couleur de mon pull ?). N’hésitez pas à utiliser des supports visuels ou des gestes pour rendre la réponse plus facile. La personne aidée peut hocher la tête pour répondre, si parler est difficile. 

Lire ou écouter un texte court et échanger sur un mot-clé ou une image  

Cela sert à développer l’écoute, la mémoire et la capacité à s’exprimer. Vous pouvez choisir un petit texte de 4-5 lignes et demander ensuite à la personne aidée ce qu’elle aretenu d’important (quel est le mot ou l’image dont elle se souvient). Cela va permettre de le relier à une histoire personnelle (exemple : Tu te souviens de telle ou telle chose présente dans le texte que l’on a vu hier en se promenant ?). Il est préférable de privilégier des histoires imagées et concrètes, plutôt que des récites abstraits.  

Utiliser des supports visuels (albums photos, images séquentielles)  

Cela permet de rendre le langage accessible et de donner des repères clairs. Vous pouvez utiliser un album photo pour décrire les personnes, les lieux, les moments en mettant les images séquentielles dans l’ordre afin de raconter l’histoire. Un conseil :n’exigez pas une réponse parfaite, il suffit que la personne nomme, pointe ou réagisse à l’image pour que la réponse compte.  

Utiliser les gestes, le dessin ou l’écriture quand la parole est difficile  

 C’est un moyen de libérer l’expression en montrant que communiquer ne passe pas uniquement par la parole. Il faut encourager votre proche à dessiner ce qu’il veut dire (objet, action, émotion), à accompagner les mots de gestes simples (montrer, mimer, faire un signe). Il est également important de le valoriser à chaque fois qu’il écritquelques mots ou lettres. L’important est le message qu’il transmet, peu importe la forme.  

Activités créatives et expressives 

L’objectif de ces activités est de développer l'expression créative des personnes atteintes de troubles du langage et de troubles cognitifs. Plusieurs supports peuvent être utilisés afin de faciliter leur réalisation : des feuilles grand format, de la pâte souple, des images découpées. 

Colorier de grands motifs ou des mandalas simples  

Cette activité développe la concentration, la motricité fine et la détente. Vous pouvez proposer de grands dessins simples avec notamment des formes géométriques,animaux, fleurs. Afin de laisser votre proche participer à l’activité, vous pouvez le laisser choisir les couleurs et l’encourager positivement dans ses choix.  

Faire de la peinture libre avec des pinceaux larges  

Afin d’encourager l’expression libre et sensorielle sur des grandes feuilles. La personne aidée peint à sa guise et sans consignes particulière.  

Modelage (pâte à sel, argile souple)  

Cela permet de stimuler la motricité fine, l’imagination et le vocabulaire lié aux formes. Le déroulé de cette activité est très simple : vous donnez de la pâte souple à votre acolyte et vous le laissez rouler, aplatir, couper à sa guise. Vous pouvez lui proposer de créer des objets simples (boules, serpents, gâteaux, visages). N’hésitez pas à accompagner cela avec du langage descriptif et à lui proposer d’inventer une petite histoire avec ses créations.  

Collage (découper et coller des images)  

L’objectif est de travailler la coordination, de développer le vocabulaire et la narration. Pour cela, vous pouvez découper des images dans des magazines ou même utiliser des autocollants pour créer une scène (maison, animaux, paysages). Il est important d’encourager la personne aidée à décrire ce qu’elle colle.  

Photolangage (choisir une image qui représente son humeur)  

Afin de favoriser l’expression des émotions et le dialogue. Pour cela, vous devez proposer plusieurs images à votre proche (photos de personnes qui rient, qui dorment, qui sont surpris, paysages, animaux) et il devra choisir celle qui correspond à son humeur du moment. Vous pouvez l’aider à mettre des mots simples sur l’émotion, à le montrer par un geste ou un mot-clé 

Activités sociales et affectives 

Préserver le lien social et affectif est essentiel pour toutes les personnes atteintes de troubles du langage et de troubles cognitifs, c’est la raison pour laquelle il est important de réaliser quelques activités pour entretenir ce lien au quotidien. Pour cela, vous aurez besoin de supports tels que des photos personnelles, des films familiaux, des ballons souples, des ustensiles adaptés. 

Feuilleter un album photo et commenter les souvenirs  

Pour stimuler la mémoire affective, encourager le langage et renforcer le lien familial et social. Il vous suffira de sortir un album photo ou des photos imprimées et de commencer à les commenter afin d’encourager votre proche à se joindre à vous. Ne vous attendez pas à avoir des phrases complètes : un mot, un sourire, un geste, c’est déjà bien. 

Jeux collectifs simples (ballon à se lancer, dominos géants)  

Favorisent la coopération, le tour de rôle et la convivialité. Durant l’activité du ballon, il faudra vous lancer la balle à tour de rôle en disant le prénom de la personne avant de le lancer, afin de créer une dynamique d’attention à l’autre. Pour ce qui est de l’activité des dominos géants, il faudra poser les pièces au sol et les assembler ensemble, à votre rythme et sans esprit de compétition. Misez plutôt sur le plaisir de jeu partagé et non sur les règles strictes du jeu. 

Regarder un film, un diaporama ou une vidéo ensemble  

Le but de partager une expérience commune et de favoriser les échanges spontanés. Pour cela, il est préférable de choisir un support court et adapté (film familial, diaporama de photos), riche en images, musiques, émotions simples qui suscitent naturellement des réactions.  Pendant ou après le visionnage, n’hésitez pas à poser des petites questions pour entretenir la conversation.  

Activités intergénérationnelles (atelier cuisine ou bricolage) 

Pour créer du lien et stimuler la coopération et la transmission. Pour ce qui est de la cuisine, il s’agit de préparer une recette facile comme un gâteau, une salade de fruits, durant laquelle chacun réalise un petit geste simple (casser un œuf, mélanger, couper une banane). En ce qui concerne le bricolage, on fabrique ensemble un objet simple (une boîte décorée, un cadre photo). Peu importe le résultat, l’objectif est de valoriser la participation de chacun.  

Activités qui favorisent la stimulation cognitive douce 

Les activités qui favorisent la stimulation cognitive douce ont pour objectif d’entrainer et de préserver au maximum la mémoire et l’attention. Cela nécessitera l’utilisation de supports pour les activités comme des jeux de société adaptés, des cartes, des objets du quotidien ou encore des sacs sensoriels. 

Jeux simples d’association (images /objets à relier)  

Pour développer la mémoire visuelle, la logique et le vocabulaire. Vous présentez des cartes-images et des objets réels correspondants. La personne aidée doit associer l’image à l’objet. Vous pouvez aussi associer des paires d’images entre elles (exemple : le lit avec l’oreiller) 

Puzzles très simples (grandes pièces, 4-6 pièces)  

Ils ont pour objectif de stimuler la coordination œil-main, la concentration et la résolution de problèmes. Il est important d'utiliser des puzzles adaptés avec peu de pièces et des images très claires (animaux, véhicules, objets familiers). Vous pouvez accompagner en donnant des indices verbaux.  

Memory visuel (cartes avec images nettes et colorées 

Afin de travailler la mémoire et la reconnaissance visuelle. Vous pouvez commencer par 4 ou 6 cartes au début et suivre les règles classiques ou les simplifier selon le niveau de votre proche (retourner les cartes en les rendant visibles). L’objectif étant de retourner une carte puis de chercher sa paire, ainsi de suite.  

Deviner un objet par le toucher (sac sensoriel)  

Afin de stimuler la mémoire tactile, l’attention et le langage descriptif en mettant quelques objets familiers dans un sac opaque (jouet, cuillère, balle, brosse) et demander à la personne aidée de mettre sa main dedans puis de reconnaître l’objet au toucher. Il peut aussi le sortir et le nommer. Si parler est difficile, il peut désigner l’image correspondante ou l’objet dans la pièce.